Avec Honey Don't, désormais disponible en vidéo à la demande, le binôme Ethan Coen-Tricia Cooke rempile avec un film décalé porté par une Margaret Qualley détective privée aussi gouine que fouine.
Après avoir déjà combiné leurs forces pour Drive-Away Dolls en 2023, Ethan Coen et Tricia Cooke – en couple dans la vie de tous les jours – réitèrent l'expérience avec Honey Don't, deuxième volet de la "trilogie de films de série B lesbiens" qu'ils ambitionnent de produire, désormais disponible en VOD. Dans le film précédent, Margaret Qualley (The Substance) campait une jeune gouine en rupture se retrouvant dans un road trip complètement barré. Ici, changement total de rôle puisqu'elle prête ses traits à une détective privée peu loquace – mais qui, rassurez-vous, aime toujours autant les femmes.
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Dans une ville moyenne de Californie du Sud, Honey O'Donahue est à la tête de son propre business où elle essaie de régler les enquêtes que la police ne parvient pas à résoudre. Comme, en l'occurrence, une série de morts suspectes semblant mener à une église dirigée par un prêtre atypique… qui a tout d'un leader de secte. Quand sa nièce adolescente disparaît, l'investigation prend alors une tournure plus personnelle. Et c'est épaulée de la mystérieuse MG, son plan cul régulier bossant dans la police, qu'elle tente d'élucider l'affaire.
Sans prétention
Dans la lignée de Drive-Away Dolls – que ses créateurs s'obstinent à appeler par son titre originel Drive-Away Dykes –, ce nouveau film du duo Coen-Cooke refuse de se prendre au sérieux. Cru sans être de mauvais goût, Honey Don't parvient à être aussi distrayant que son aîné. La trame peut se révéler parfois confuse, criblée d'étranges détours, au point où l'on ne sait jamais trop dans quelle direction les scénaristes nous entraînent. Cependant, les codes du polar noir sont respectés, leur volonté première étant de rendre hommage à des auteurs emblématiques du genre comme Jim Thompson ou James M. Cain.
Il est évident que Margaret Qualley s'amuse dans ce nouveau rôle et sa dynamique à l'écran avec Aubrey Plaza, icône lesbienne depuis Happiest Season et Agatha All Along, fonctionne. "C'est juste un film d'action porté par une femme qui joue un rôle traditionnement masculin", résume simplement Tricia Cooke, qui a encore une fois puisé dans son expérience de femme queer pour nourrir le personnage. À son mari Ethan Coen de renchérir : "C'est un film sans prétentions intellectuelles et on en est fiers. C'est vraiment trashy d'une façon qui nous réjouit." De toute façon, un long-métrage qui arrive à mettre Chris Evans en jockstrap ne peut être foncièrement mauvais.
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Crédit photo : Universal Pictures International France