expo50 ans de culture clubbing au Quai de la photo : "The Beat Goes on !"

Par Abigaïl Aïnouz le 12/01/2026
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À travers l'objectif de huit artistes internationaux, l'exposition The Beat Goes on ! dévoile un manifeste du clubbing aussi artistique que politique. À voir au Quai de la Photo, à Paris, jusqu'au 24 avril 2026.

Cet hiver, avec The Beat Goes On !, le Quai de la Photo, à Paris, prend des airs de boîte de nuit. Au programme, un bain sonore et visuel qui célèbre les DJ's et les performers, mais surtout les clubbers anonymes. L'exposition accueille le visiteur avec des écrans rétro-éclairés signés par le Montréalais Karel Chladek, où les corps s'enlacent fougueusement et où la foule entre en communion musicale.

Au sous-sol, deux motoscafi (répliques des bateaux taxi vénitiens) accostés font face à la vaste salle d’exposition mixant cinq décennies de clubbing à découvrir dans le désordre, mais en rythme. Quatre playlists, à scanner via un QR code sont proposées d’entrée de jeu : Techno Trans, Rave, Disco, et Groove Afro Indie House.

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Patchwork visuel luxuriant courant sur les murs entre les miroirs à selfie, The Beat Goes On ! invite le visiteur à prendre part à la fête et à se laisser happer par les scènes de liesse affichées en grand comme celles du légendaire new-yorkais Bill Bernstein. Celles-ci immortalisent l’ère disco et ses clubs mythiques en noir et blanc mais non sans panache, ni paillettes. Et en observant les plus petits formats de près, on plonge dans le décor d’une époque où les différences de classe sociale, de genres, d'identités et discriminations semblaient suspendues le temps d’une nuit.

La scène queer y est documentée activement du Brésil à Paris. Alexandre Furcolin saisit la scène underground psyché de Sao Paulo des années 2010, où le clubbing sort de sa boîte pour s’implanter dans des friches abandonnées. Les clichés de la franco-colombienne Tatiana Prieto - co-fondatrice du collectif queer et féministe Nuit Brune - témoignent quant à eux d’une scène parisienne actuelle inclusive et survoltée. Riches en couleurs et en sueur.

Espace d’expression et de résistance, le clubbing s’impose autant dans les images ténébreuses des raves clandestines franciliennes de Meyer dans les 90’s, que dans les transes hallucinatoires et bavant d’acides de son voisin anglais Tristan O’Neill. On retrouve ce métissage sur la platine et dans la foule : UK garage, drum’n’bass et jungle font des étincelles. Tout comme cette énergie du collectif, ce besoin insatiable de se rassembler autour d’un DJ comme guide, avec la musique comme langue universelle.

Dans les années 2020 post-covid, le clubbing se révèle plus fort que jamais, dans des instants de lâcher-prise, de “petite révolte” des corps et d’introspection, sous l’objectif de Fany Bardin. Ce désir de liberté prend aussi tout son sens dans le reportage réalisé par Julien Rahmani en Arabie Saoudite (initialement pour Trax Magazine). Le photographe saisit la jeunesse de Riyad, expérimentant ses premiers festivals électro dans un pays en pleine transition, entre modernité et tradition.

Sur chacun des clichés de The Beat goes on !, les normes et étiquettes s’effacent ainsi le temps d’une soirée, et sont priées d’attendre gentiment au vestiaire actant la dimension aussi artistique que politique du clubbing.

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Crédit photo : Karel Chladek / Quai de la photo