L’ancien élu démocrate Barney Frank, premier membre du Congrès américain à avoir révélé volontairement son homosexualité, est mort à l’âge de 86 ans.
Vous ne connaissez peut-être pas son nom, mais Barney Frank restera l’un des grands visages de l’histoire politique LGBT+ aux États-Unis. En 1987, en pleine épidémie de sida dans une Amérique encore profondément hostile aux homos, il fait son coming out dans les colonnes du Boston Globe. "Si vous me posez directement la question : 'Êtes-vous gay ?', la réponse est oui. Et alors ?", lâche-t-il simplement. Quelques années plus tôt, l’homosexualité du député Gerry Studds avait été révélée à la suite d’un scandale public. Barney Frank, lui, refuse la honte. Une prise de parole pionnière qui ouvrira la voie à d’autres élus LGBT+.
À lire aussi : Mort du basketteur américain Jason Collins, pionnier gay dans le sport
Tout au long de sa carrière, l'élu du Massachusetts a défendu les droits LGBT+ à la Chambre des représentants : lutte contre les discriminations, reconnaissance des couples de même sexe, droit des homos à servir dans l’armée, soutien au financement de la lutte contre le VIH/sida, ou encore réforme des lois migratoires qui permettaient d’exclure en raison de l'orientation sexuelle. En 1998, il participe à la fondation des Stonewall Democrats, organisation LGBT+ du Parti démocrate. Connu pour son humour mordant et son franc-parler, il répondait aux accusations d’"agenda homosexuel radical" en rappelant que cet "agenda" consistait juste à pouvoir "se marier, servir dans l’armée et travailler".
"Champion emblématique"
En 2012, Barney Frank devient le premier élu du Congrès américain à épouser une personne du même sexe, en se mariant avec son compagnon Jim Ready. Ces dernières années, il s'est attiré des critiques au sein de la communauté LGBT+ pour certaines prises de position à rebours de l'ère du temps. S'il a toujours lutté contre les discriminations envers les personnes trans, l'ancien élu démocrate s’est notamment opposé à certaines formulations militantes autour du genre, et montrait des réserves sur la place des femmes trans dans le sport féminin, illustrant les fractures générationnelles qui traversent aujourd’hui le mouvement LGBT+.
À l’annonce de sa mort, les hommages se sont multipliés aux États-Unis. Nancy Pelosi, l'ancienne présidente démocrate de la Chambre des représentants, a salué un "champion emblématique", tandis que plusieurs responsables démocrates ont rendu hommage à son rôle pionnier pour la visibilité des personnes LGBT+ en politique.
À lire aussi : À New York, Stonewall retrouve son drapeau arc-en-ciel
Crédit photo : Mark Wilson / Getty Images via AFP