queericideJeune battu à mort à Metz : les proches de Noahm corroborent la piste homophobe

Par Nicolas Scheffer le 03/06/2026
Rassemblement Noahm Metz Fiertes citoyennes

En état de mort cérébrale depuis son agression samedi dans le centre-ville de Metz, Noahm, 19 ans, est décédé mardi à l'hôpital. Des témoignages recueillis sur place par Mediapart laissent peu de doute quant au caractère homophobe de la violence qui s'est déchaînée sur lui.

Trois jours après son admission à l'hôpital Mercy de Metz, les médecins n'ont pu que prononcer le décès de Noahm ce mardi 2 juin. Âgé de 19 ans, le jeune homme était déjà en état de mort cérébrale quand il a été pris en charge, samedi matin, après avoir été victime d'une violente agression dans le centre-ville de la préfecture de la Moselle (Grand Est). Deux suspects, âgés de 20 et 27 ans, ont été mis en examen et placés en détention provisoire lundi soir, une information judiciaire étant ouverte à ce stade pour violences et "tentative d'homicide par personne agissant en état d'ivresse manifeste".

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Le drame ne semble toutefois pas pouvoir être résumé à une rixe entre jeunes alcoolisés, comme le laissaient entendre les premières informations du quotidien régional Le Républicain Lorrain. "Des éléments rapportés par les proches font également état d'injures à caractère homophobe", a affirmé dès le week-end l'association Stop homophobie, sans plus de détails. Lundi, le procureur de la République, David Touvet, a apporté cette précision : "Si jamais au cours de l'information judiciaire qui vient d'être ouverte, des éléments étaient recueillis qui permettent d'étayer la motivation homophobe de ces actes (...) la qualification pénale serait adaptée et resterait à hauteur de la peine maximale encourue par l'arsenal pénal français, c'est-à-dire la réclusion criminelle à perpétuité."

"Noahm se maquille, il est efféminé…"

Alors que s'est-il passé à Metz en cette veille funeste du début du mois des Fiertés LGBT ? Dans un reportage de Mediapart, une amie de Noahm complète le récit des événements. Vers 5h du matin, le jeune homme s'apprête à rentrer après avoir passé la soirée avec elle et sa compagne, son cousin et le petit ami de ce dernier. Alors qu'ils vont récupérer des vélos, le groupe croise trois individus munis d'une enceinte. C'est là que tout bascule. "Ils ont directement pris Noahm à partie. Parce que voilà, Noahm se maquille, Noahm est efféminé…" raconte la jeune femme. Projeté au sol sur le dos, le jeune homme se cogne la tête, où il reçoit encore devant les yeux de son amie "deux coups de pieds à l’arrière de la tête", avant que les agresseurs ne prennent la fuite, non sans lancer : “Sales pédales, sales pédés.”

Mardi soir, un rassemblement s'est tenu devant la colonne de Merten, non loin des lieux du drame, à l'initiative de l'association Couleurs gaies, qui gère le centre LGBTQI+ de Metz. Comme Stop homophobie, celle-ci compte se porter partie civile dans cette affaire, afin de faire valoir la circonstance aggravante d'homophobie. Jointe par têtu·, Me Amélie Bonfanti, qui représente la tante de Noahm, se montre plutôt confiante sur ce point : "Il semblerait que le juge d'instruction ait reconnu comme limpide la circonstance aggravante d'homophobie et qu'elle sera retenue dès le stade de l'instruction." La Pride de Metz est prévue pour le dimanche 14 juin.

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Crédit photo : Matthieu Gatipon