Intervenante à UNIQUES, le festival de l'égalité qui vise à rendre les thématiques de l'inclusion concrètes et accessibles à toustes, Cannelle Danzelle, cofondatrice de Vibes, le premier réseau social LGBTQ+ qui crée du lien dans la vraie vie à travers des événements culturels, sportifs et festifs, a répondu à nos questions sur la représentation et l'inclusion des personnes LGBT+.
À quel moment tu t'es dit que ta différence pouvait être une force ?
Cannelle Danzelle : J'ai mis du temps à le réaliser, parce que j'ai longtemps souffert du fait d'être différente et d’être mise de côté. Puis, en commençant à vraiment être moi-même, j'ai vu des personnes me tendre la main non pas en dépit de ma différence, mais grâce à elle. Elle m'a permis de créer des liens, des amitiés, et même aujourd'hui des opportunités professionnelles. Ce qui m'isolait autrefois est devenu ma plus grande force.
Qu'est-ce qui te rend le plus fière aujourd'hui ?
D'avoir créé un espace de socialisation qui manquait cruellement à notre communauté, et que j'aurais rêvé découvrir à 18 ans. Savoir que Vibes peut modifier positivement des trajectoires de vie est déjà une immense fierté. Mais voir que ça bénéficie aussi à mes proches, à mes amis, et pas seulement à des inconnus, ça donne encore une autre dimension à ce qu'on a créé.
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Quelle est selon toi la plus grande inégalité qui touche encore les personnes LGBT ?
Pour moi, l'une des plus grandes inégalités se joue dans le manque de lien social. On parle souvent de précarité, d'accès au logement, aux soins ou au travail, mais on oublie que beaucoup de ces difficultés commencent par le rejet : de sa famille, de ses amis, parfois de son environnement professionnel. Quand on est moins entouré et moins soutenu, toutes les autres difficultés deviennent forcément plus dures à surmonter.
Quelle représentation LGBT t'a le plus marquée en grandissant ?
Ce qui m'a le plus marquée, c'est finalement le manque de représentations. On accepte plus facilement la différence lorsqu'elle est portée par des personnalités exceptionnelles, des artistes ou des figures qui ont accompli de grandes choses. J'ai grandi sans vraiment voir de lesbiennes à des postes à responsabilité, qui construisent leur couple, leur famille, leur carrière et une vie qui leur ressemble. Ce sont aussi ces représentations-là qui permettent de se projeter.
Quel message aimerais-tu adresser à un·e jeune LGBT qui a le sentiment de ne pas avoir sa place ?
Ta situation te paraît peut-être insurmontable aujourd’hui, mais ça s'améliore avec le temps. Mon conseil, c'est : regarde autour de toi, parce que tu n’es pas seul·e. Il y a beaucoup plus de personnes qui te ressemblent que tu ne le crois. Et une fois que tu les auras trouvées, tu te sentiras entouré·e et apaisé·e.
>> Le festival UNIQUES, dont têtu· est partenaire, se tient le 12 septembre à la Cité du cinéma, à Saint-Denis. Entrée libre et gratuite.
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Crédit photo : @kyaneolhn