Inquiétudes face à l'augmentation de l'hépatite A chez les gays
Santé/Forme

Inquiétudes face à l'augmentation de l'hépatite A chez les gays


Une importante épidémie d’hépatite A chez les hommes gays et bi est en cours en Europe depuis octobre 2016 et touche de nombreux pays européens (Pays-Bas, UK, Allemagne, Belgique, Italie, Portugal, Espagne…).

L’épidémie a commencé l’été dernier (2016) lors de l’Europride à Amsterdam et s’est depuis répandue dans toute l’Europe. Les échanges sexuels entre pays et, qui plus est, pendant des événements internationaux comme la WorldPride ou le Circuit à Barcelone, font craindre une accélération des contaminations dans la communauté. Surtout que les Français sont déjà très touchés : depuis le début de l’année 2017, il y a déjà eu davantage de cas d’hépatite aiguë A que sur toute l’année 2016. Soit 745 cas en cinq mois contre 693 cas sur toute l’année dernière.

En Normandie, première région touchée par l’épidémie chez les HSH, le nombre de cas chez les hommes n’augmente pas depuis février 2017. Par contre, il continue d’augmenter dans les Hauts-de-France, en région Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Occitanie. Il semble se stabiliser en région Île-de-France mais cette tendance reste à être confirmée dans les mois à venir.

Le mois dernier, nous revenions déjà sur les vaccins que les gays devraient (vraiment) demander à leurs médecins. Ces chiffres viennent confirmer l’urgence de faire en priorité celui prévenant l’hépatite A, surtout en prévision des vacances.

Les vaccins que chaque gay devrait demander à son médecin

L’hépatite A, c’est quoi ?

L’hépatite se transmet par voie sexuelle, dans des cas précis :

– Lors de rapports oraux-anaux (que l’on appelle « feuille de rose », « rimming » ou « anulingus »);

– Lors d’une fellation, surtout si le sexe a préalablement pénétré un anus sans préservatif. Même si le sexe et l’anus sont propres, même si vous prenez la PrEP qui ne protège que du VIH. De plus, ce virus résiste à des températures très élevées.

Comment l’éviter ?

Si vous jouez avec un sex-toy, veillez à bien respecter les conditions d’hygiène.

Le vaccin « HAVRIX » coûte un peu plus de 25 euros. Profitez-en pour demander la vaccination contre l’hépatite B, les deux injections pouvant très bien se réaliser en même temps (une dans chaque bras). Il est possible d’obtenir ces deux vaccins gratuitement dans des Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic d’infections sexuellement transmissibles (Cegidd) ainsi que dans les centres publics de vaccination.

Si vous passez par un médecin de ville et un laboratoire, le vaccin contre l’hépatite A n’est pas remboursée par l’assurance maladie (sauf pour les patients ou porteurs d’une maladie chronique active du foie, notamment l’hépatite B et l’hépatite C, ou atteints de mucoviscidose, remboursé à 65 %). L’injection du vaccin est payante, mais remboursée par la Sécurité sociale, lorsqu’elle est effectuée par un médecin (remboursement à 70%) ou une infirmière (remboursement à 60 %).

Si vous avez contracté une hépatite A par le passé, vous êtes immunisé à vie (comme pour la rougeole, la varicelle…). Sauf si c’est dans l’année : dans 15% des cas, une rechute peut survenir dans les douze mois…

 

Quels sont les symptômes ?

Ictère, aussi appelé « jaunisse », soit une coloration jaune de la peau ou des muqueuses (bien visible au niveau de l’œil) dans 70% des cas

Très forte fatigue

Fièvre

Céphalées (maux de tête)

Perte d’appétit

Perte de poids

Douleur(s) abdominale(s)

Nausées ou vomissements

Diarrhée ou constipation

Dépression

Hépatomégalie et sensibilité hépatique (douleurs dans le quadrant supérieur droit de l’abdomen)

Bradycardie (rythme cardiaque trop bas)

 

Si vous avez contracté une hépatite A, vous ressentirez une forte fatigue pendant une période pouvant aller de 15 jours jusqu’à deux mois (tout effort devient le parcours du combattant), avec les conséquences sociales et professionnelles que cela entraîne.

 

Dans certains cas, l’hépatite A peut être mortelle

En cas d’hépatite fulminante, la vie du patient est en danger et la transplantation du foie est quasi-systématique. Dans d’autres cas, l’hépatite devient sub-fulminante, c’est-à-dire que vous ne parvenez pas à vous en remettre. La transplantation n’est alors pas aussi urgente mais néanmoins nécessaire.

ATTENTION ! Pour les personnes positives au VIH, la co-infection avec l’hépatite A est plus grave, le vaccin revêt alors et sans réserve un caractère INDISPENSABLE.

 

PLUS D’INFOS : Hépatites Info Service : 0.800.845.800

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