Abo

capoteFaire une fellation sans capote : quels sont les vrais risques ?

Par Jérémy Patinier le 06/01/2017
risques,IST,fellation vih capote

VIH, syphilis, gonorrhées, hépatite ou herpès : la bouche est aussi un organe sexuel où peuvent passer les IST. Alors forcément, au moment de faire une fellation sans préservatif, on a souvent des questions dans la tête. On vous dit quand flipper, et pas.

Sucer avec capote, presque personne ne le fait, OK. Autant, donc, réduire les risques pour éviter les mauvaises surprises.

Peut-on transmettre le VIH lors d'une fellation ?

Tailler des pipes présente globalement un risque très faible concernant la transmission du VIH. Et se faire sucer, aucun.

Si la salive n’est absolument pas contaminante, une transmission du VIH en faisant une fellation à une personne séropositive est malgré tout possible. Sauf si votre partenaire séropositif connaît son statut et qu'il est traité : il a dans ce cas une charge virale indétectable et il est donc intransmissble.

LIRE AUSSI >> Indétectable = intransmissible, rappelle Yassin Chekkouh dans une vidéo

En fait, le niveau de risque va varier en fonction de votre pratique de la fellation. En gros, si vous la prenez uniquement dans la bouche ou bien si vous l’enfoncez au fond de la gorge, avec plus de risque d'irritation des muqueuses. Le risque s'accentue en présence de sperme ou de liquide pré-séminal dans la bouche. Et encore plus, bien sûr, si vous avalez.

C'est surtout risqué si la personne que vous sucez est en période de primo-infection au VIH – lorsque le virus se réplique et qu'il n'y a pas nécessairement de symptômes – et que de votre côté, vous avez de micro-lésions dans la bouche (qui peuvent être causées par des jeux sexuels trop intenses, des soins dentaires récents, une gingivite, des aphtes, une angine ou des IST comme la syphilis ou la blennorragie ).

En cas de prise de risque avérée dans les dernières 48h, filez aux urgences pour demander un traitement d'urgence : le TPE (traitement post-exposition).

Enfin si votre partenaire est sous PrEP et qu'il a bien suivi le schéma de prise, aucun risque pour le VIH. Mais attention, cela n'empêche pas les autres IST de passer...

LIRE AUSSI >> VIH : la prescription de la PrEP chez le médecin généraliste est arrivée

D’autres IST transmises par fellation

Le VIH n’est pas le seul risque : d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) peuvent également être transmises par fellation, parmi lesquelles la syphilis, les gonorrhées (chaude-pisse), l’hépatite B ou l’herpès. Différentes épidémies localisées de syphilis en Europe (à Manchester, Dublin, Paris, Oslo, etc.) ont permis d’identifier le sexe oral comme un facteur de risque. Dans la transmission de l’herpès et des chlamydiae, les rapports oraux semblent également représenter un facteur important de transmission.

>> Tout savoir sur les IST

Comment faire une fellation safe

- Jetez un oeil au pénis de votre partenaire avant de le sucer : boutons, plaies ouvertes, lésions, écoulement, etc. peuvent indiquer la présence d’une IST. Autant limiter les risques et n'accepter que les sexes nets.
- Ne pratiquez pas la fellation si vous avez des blessures – aphte, carie non soignée, bouton de fièvre, inflammation – dans et autour de la bouche.
- Ne recevez pas de sperme ou de liquide séminal en bouche. Si malgré tout vous en recevez, mieux vaut recracher. En effet, des irritations, blessures de l’œsophage ou de l’estomac peuvent être en contact avec le sperme et constituer ainsi une porte d’entrée pour le VIH.
- Le pénis ne se résume pas au gland. Ce dernier étant tapissé de muqueuse, c’est la zone la plus sensible et la plus à risque concernant la transmission du VIH. Vous pouvez dès lors, décider de vous amuser en léchant d’autres zones pubiennes tout aussi érogènes.
- Une bonne hygiène bucco-dentaire réduit les risques de transmission par voie orale, mais le brossage des dents avant une fellation a l’effet inverse. Donc il est déconseillé de se brosser les dents avant ou après une fellation. Des infections ou des maladies buccales faciliteront également la contamination par le virus du sida.
- Attention, l’alcool peut irriter les gencives et créer ainsi des portes d’entrée pour les virus.
- La pratique du deepthroating, qui consiste à prendre le pénis en bouche jusqu’à ce qu’il touche le fond de la gorge avec des mouvements de va-et-vient, peut créer des irritations et une abrasion des muqueuses facilitant la transmission du VIH et des autres IST. Utiliser le préservatif lors de cette pratique peut réduire les risques d’infections, particulièrement la gonorrhée et les chlamydiae.
- Si vous optez pour la capote, toujours safe, les préservatifs non lubrifiés et/ou parfumés sont davantage conseillés pour la fellation.

LIRE AUSSI >> Les dernières actus de notre rubrique Santé/Sexo

>> Pour toute question, consultez Sida Info Service (0 800 840 800)