Pour Martina Navrátilová, les athlètes transgenres féminines sont des « tricheuses »

L’ex-championne de tennis Martina Navrátilová signe une tribune où elle prend position contre l’inclusion des femmes trans’ dans les compétitions sportives. Une opinion vivement critiquée sur les réseaux sociaux.

C’était l’une des premières championnes ouvertement lesbiennes de l’histoire du tennis. Une icône de la cause homosexuelle. Mais aujourd’hui, Martina Navrátilová s’oppose à l’accès des femmes transgenres aux compétitions féminines.

Dans une tribune publiée dans quotidien britannique The Times, intitulée « The rules on trans athletes reward cheats and punish the innocent », (littéralement « Les règles sur les athlètes trans’ récompensent les tricheuses et punit les innocentes », ndr), l’athlète américaine prend position contre l’inclusion des personnes transgenres et notamment des femmes trans’ dans les compétitions sportives. Selon elle, une femme transgenre qui participerait à un championnat féminin bénéficierait d’avantages physiques qu’elle assimile à de la tricherie.

« Dès son enfance, un homme construit du muscle et de la densité osseuse, ainsi qu’un plus grand nombre de globules rouges portant de l’oxygène.  (…) Si un homme venait à changer de genre en éliminant les avantages accumulés, il devrait commencer un traitement hormonal avant la puberté. Pour moi, c’est impensable », estime l’ex-sportive avant d’ajouter : « Tu ne peux pas simplement te déclarer « femme » et concourir comme une femme. Il doit y avoir des standards. Avoir un pénis et participer une compétition en tant que femme ne rentre pas dans ces standards. »

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Des arguments tournés au ridicule

La cycliste Rachel McKinnon, première femme trans’ a avoir gagné un titre mondial s’est dite choquée des propos de la tenniswoman, et a réagit vivement sur Twitter, tournant certains arguments de la tenniswoman au ridicule:

« Ce qui est drôle avec Navrátilová, c’est qu’elle oppose de manière véhémente les femmes trans qui n’ont pas eu de chirurgie de réassignation sexuelle mais semble soutenir celles qui en ont eu une.

… Mais elle ne cesse de clamer que ma participation est injuste !

Tu te contredis toi-même ! C’est risible ! »

La cycliste a notamment rappelé que le guide du Comité Olympique International exige que les femmes trans’ prouvent un niveau de testostérone très bas pour pouvoir participer aux compétitions.

« Avantagée par sa taille et son poids »

Celle qui a remporté 9 fois le tournoi de Wimbledon lui a répondu qu’elle était avantagée par sa taille et son poids. Elle rejette également l’accusation de McKinnon qui la qualifie de « transphobe », mettant l’accent sur son amitié avec des femmes trans’, comme la tenniswoman Renée Richards.

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Martina Navrátilová est la deuxième joueuse la plus titrée de l’histoire du tennis féminin (une des trois femmes à avoir accompli un Grand Chelem). Depuis son coming out en 1981, elle a toujours plaidé en faveur de la cause homosexuelle et a notamment été porte-parole des premiers Outgames en 2006. Ses dernières déclarations transphobes viennent ternir des années de combat…

Crédit photo : Wikimédia Commons

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