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Océan : « Être politique, c’est aussi donner de la force aux autres »

[PREMIUM] Dans une série documentaire en 10 épisodes pour France TV Slash, le comédien et réalisateur Océan raconte sa transition de femme à homme. Son coming-out, ses rendez-vous médicaux, son changement d’état civil, le regard de ses proches, y sont montrés dans des plans intimistes, empreints de légèreté. TÊTU l’a interviewé.

17 mai 2018. Il y a un an tout juste. Océan faisait son coming-out d’homme trans’ chez nos confrères et consoeurs de Komitid. Il était alors en plein tournage d’une série documentaire sur sa propre transition, débutée quelques mois plus tôt. Dans ces 10 épisodes d’une dizaine de minutes chacun, disponibles depuis le 3 mai sur France TV Slash, il n’élude rien. Ou presque.

Son coming-out à ses proches, ses rendez-vous médicaux - psychiatre, orthophoniste, phoniatre... -, sa première injection de testostérone. Le regard de ses ami.e.s - souvent maladroit mais toujours bienveillant -, les heures passées à la salle de sport avec son coach, son changement d’état civil. Le regard et les propos de sa mère - très violents -, les répercussions sur son métier de comédien. Ses amours. Son immersion dans le milieu queer, le militantisme, son opération. Son premier rasage. Et les injections, toujours. 

On termine le visionnage avec un avis mitigé, malgré les éloges lues ici ou là. Notamment à cause de cette - trop ? - grande place accordée à son corps. Puis on le rencontre, dans un café parisien, et il a réponse à tout, fait tout exploser. Comme les normes de genre, la masculinité toxique, qu’il questionne tout au long de notre entretien. Et l'on se rend compte, rapidement, que derrière l'apparente légèreté de ces épisodes, le contrôle de son discours et de son image est en fait omniprésent. Jusque dans cette interview, dont il a souhaité retoucher plusieurs passages. Demandes que l'on a acceptées exceptionnellement, car face au manque criant de représentations LGBT+ en France, et trans' particulièrement, son propos est bien trop important.

 

"Je partais moi-même vers l’inconnu. Je savais juste que cette transition serait joyeuse, car je suis quelqu’un de joyeux en général."

 

TÊTU : Quelles étaient tes intentions en réalisant cette série documentaire ? Quel message voulais-tu faire passer ?

Océan : Je voulais offrir une représentation positive qui puisse donner de la force aux jeunes trans’. Quand j’ai fait “La Lesbienne invisible” (son premier spectacle, en 2009, ndlr) c’est parce que je me suis rendu compte qu’il n’y avait, à l'époque, quasiment que des représentations de lesbiennes psychopathes, folles furieuses, dépressives… J’ai eu envie de faire bouger les lignes, mettre à mal les préjugés. Ça a été pareil pour cette série. ...


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