homophobieDes policiers refusent le motif homophobe de l'agression car ils jugent le plaignant "pas assez efféminé"

Par tetu le 01/10/2019
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Un jeune toulousain victime d'une agression homophobe s'est rendu au commissariat pour porter plainte. Le motif homophobe n'a pas été retenu, car selon les agents, il ne faisait pas "assez homosexuel".

Il reste encore du travail pour former tous les policiers aux violences homophobes. C'est la conclusion que l'on peut tirer de cette histoire rapportée par nos confrères et consoeurs de France Bleu. Le week-end du 21 septembre, un jeune toulousain est victime d'une agression homophobe dans les rues de la ville rose.

Un passant le bouscule et le traite de "PD" avant de le menacer de mort. L'agresseur aurait également voulu en venir aux mains, mais sa compagne se serait interposée, selon la victime. Ce dernier, que la radio locale appelle "Corentin" par souci d'anonymat, s'est donc rendu au commissariat pour porter plainte.

"Je n'avais pas les talons"

L'agent aurait alors refusé de mentionner le caractère homophobe de la plainte, car la victime "n'a pas l'air" homosexuel.  "L'agent m'a dit que je ne faisais pas homosexuel, que je n'avais pas les talons, les boucles d'oreilles et que je n'étais pas maniéré, je faisais assez masculin, a raconté Corentin à France Bleu. J'étais caractérisé en mode hétéro. Sauf que je ne demandais pas une étiquette sur ma sexualité, je sais ce que je suis et je l'assume pleinement. Sur le coup je ne savais pas quoi faire, j'étais triste et en colère et j'avais l'impression d'être pris pour un con..."

Abasourdis, la victime et l'un de ces amis font alors part de leur surprise en interpellant la police nationale sur Twitter, suscitant de nombreux commentaires et réactions.

https://twitter.com/Psoraph/status/1175733405230784514?s=20

La formation des policiers en question

Suite à ce message, et face à l'ampleur des réactions le commissariat de Toulouse a contacté la victime pour requalifier la plainte. "Je ne dis pas que les policiers sont homophobes mais on peut tomber sur des personnes qui ne sont pas hyper ouvertes sur ce sujet-là et c'est un souci. Si on n'ose pas poser la question de l'homosexualité la plainte ne sera pas caractérisée pour ce qu'elle est!" Il a pu déposer plainte à nouveau ce lundi et aimerait désormais que les policiers soient mieux formés.

Car cette histoire n'est malheureusement pas un acte isolé. Fin juin 2018, à Arles, une agression homophobe avait été qualifiée par la police "d'agression avec vol et tentative de vol". Le député LREM Raphaël Gérard avait alors saisi le ministre de l'Intérieur à ce sujet. Des stages de formation avaient alors été mis en place par le gouvernement et 522 policiers référents pour les thématiques LGBT+  avaient été déployés dans les commissariats. Il semble que ce ne soit pas suffisant... 

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