Au Vietnam, les jeunes LGBT+ victimes des préjugés

D'après un rapport de Human Rights Watch publié mercredi, l'homosexualité est fréquemment présentée au Vietnam comme une "maladie mentale". Un préjugé qui vulnérabilise considérablement les jeunes LGBT+.

"Une fois en classe de biologie en 9e année, nous étudiions le genre et le professeur a mentionné l'homosexualité, disant que ce n'était pas naturel et que nous devrions en avoir peur - en utilisant des mots désobligeants." C'est le témoignage qu'a livré Đức, jeune homme de 22 ans, originaire de Hanoï, la capitale du Vietnam, à Human Rights Watch (HRC). C'est la première fois qu'il entendait parler d'homosexualité à l'école.

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Dans un rapport publié mercredi 12 février, intitulé « ‘My Teacher Said I Had a Disease’: Barriers to the Right to Education for LGBT Youth in Vietnam » (« ‘Mon professeur disait que j’avais une maladie’ : entraves au droit à l’éducation pour les jeunes LGBT au Vietnam »), l'organisation internationale pointe les "mythes relatifs à l’orientation et à l’identité sexuelles" très répandus dans le pays, qui "contribuent à des violences et à des discriminations", notamment chez les jeunes Vietnamiens LGBT+.

"Maladie mentale"

En effet, d'après ce rapport de 65 pages, la croyance selon laquelle l'homosexualité serait une "maladie mentale dépistable, traitable et guérissable" est extrêmement ancrée dans cette nation d'Asie du Sud-Est, et les jeunes LGBT+ en font les frais, aussi bien au sein de leur famille qu'à l'école, y compris dans les enseignements. Le rapport s'appuie sur des "entretiens en profondeur" avec cinquante-deux jeunes Vietnamiens LGBT+, mais également des enseignants et d'autres membres du personnel scolaire.

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« Ces dernières années, le gouvernement du Vietnam a indiqué sa volonté de soutenir les droits des personnes LGBT, mais les changements concrets de politique se font attendre, estime Graeme Reid, directeur de la division droits des LGBT à Human Rights Watch, dans un communiqué. Les jeunes LGBT sont particulièrement vulnérables, en raison de l’insuffisance de leurs protections juridiques et de la prévalence d’informations erronées au sujet de l’orientation et de l’identité sexuelles. » L'organisation rappelle qu'en 2019, le ministère vietnamien de l’Éducation a produit, avec l’aide de l'ONU, des directives pour l’élaboration d’un programme complet d’éducation sur la sexualité incluant les questions LGBT+. Mais ce programme n'a pas encore vu le jour.

 

Crédit photo : USAID Vietnam / Wikimedia Commons


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