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La Marche des Fiertés de Paris est officiellement reportée

L'Inter LGBT a annoncé le report de la Marche des Fiertés LGBT+ 2020 de Paris en raison de l'épidémie de coronavirus. Aucune date n'est pour l'instant communiquée.

Ce n'était qu'une question de temps. Après les annulations et reports successifs de nombreux festivals et évènements publics, l'Inter-LGBT a annoncé mercredi 15 avril dans un communiqué le report de l'édition 2020 de la Marche des Fiertés LGBT+ de Paris/Île-de-France. La raison, on la connaît tous : les mesures de confinement prises pour endiguer l'épidémie de coronavirus à l'origine de plus de 17.000 décès en France, et 132.000 dans le monde.

Pas encore de date

"Compte-tenu de l’état d’urgence sanitaire liée au Covid-19, du prolongement du confinement et de la suspension jusqu’à mi-juillet des événements réunissant un public nombreux qui ont été annoncés par le Gouvernement, nous sommes dans l’obligation de reporter la Marche des Fiertés LGBT+ de Paris/Île-de-France, du 27 juin 2020 à une date ultérieure, ainsi que la Quinzaine des Fiertés LGBT+ qui devait se dérouler sur la même période, a écrit l'inter-associative organisatrice de la plus grande Marche des Fiertés de l'Hexagone.

Et face aux incertitudes, nombreuses, quant à l'évolution de la crise, l'Inter-LGBT ne peut donner de date quant à la tenue prochaine de l'évènement : "À ce jour, nous n’avons malheureusement pas de nouvelles dates à vous annoncer : nous sommes bien évidemment tributaires de l’évolution de la vague épidémique mais aussi des décisions des autorités nationales et locales." Elle se dit toutefois déterminée, "malgré ces conditions inédites" pour que "cette année, Paris et l’Île-de-France ne soient pas dépourvues d’une visibilité forte des thématiques LGBT+".

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Solidarité

Mais elle a tenu également à adresser un message de solidarité en ces temps difficiles. "En cette période de crise, nous faisons face à de nouvelles difficultés qui nous mettent en péril et qui menacent nos fonctionnements. Surmonter la crise ne devra pas se faire aux dépends de la défense de nos droits et de nos libertés" écrivent la soixantaine d'associations membres, et s'affirme "pleinement solidaire avec l'ensemble du monde associatif, ainsi que les communautés précaires et précarisées." 

Pour de nombreuses personnes LGBT, les mesures de confinement ne sont pas sans conséquences : isolement, LGBTphobies, harcèlement en ligne, accès aux soins restreints... Les travailleurs et travailleuses du sexe sont également en première ligne, et se retrouvent sans ressources, et davantage exposé.e.s au virus. Quatre ans après la loi de qui pénalise les clients d'actes sexuels, votée le 13 avril 2016, les travailleurs et travailleuses du sexe ont organisé cinq jours de rassemblements virtuels sur les réseaux sociaux pour alerter sur leur précarisation et leur insécurité.

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De nombreux évènements annulés

L'annulation de la Marche des Fiertés n'est toutefois pas une surprise. La secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes et à la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, avait appelé, le 31 mars derniers, les organisateurs de la Marche des Fiertés à envisager un report de l'évènement. Un conseil qui avait valu à la ministre d'être recadrée par l'Inter-LGBT.  "Sachez tout d’abord que nous n’avons pas attendu votre sollicitation pour appréhender la gravité de cette crise sanitaire" avait répondu l'inter-associative, rappelant qu'elle avait déjà reporté le Printemps des Assoces, qui devait se tenir les 28 et 29 mars derniers.

A travers le monde, ce sont désormais plus de 300 marches et évènements des fiertés LGBT+ qui ont été annulés ou reportés. En France, le festival Solidays, organisé par Solidarité Sida, qui devait se tenir du 19 au 21 juin, a été annulé, creusant un trou de trois millions d'euros dans les budgets de l'organisation de lutte contre le VIH/Sida. Il va donc falloir trouver d'autres moyens d'être fier.e.s, solidaires, et ensemble.

 

 

Crédit photo : Romain Burrel/TÊTU

 

 


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