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Quatre associations accusent Twitter de rechigner à modérer ses contenus

Plusieurs associations dénoncent les manquements de Twitter en matière de modération de contenu et exigent plus de transparence. Les contenus haineux ont augmenté de 43% pendant le confinement.

Sur Twitter, les messages homophobes, racistes ou de haine sont légion et l'oiseau bleu ne fait pas grand chose pour que cela change. Plusieurs associations (SOS Homophobie, SOS Racisme, l'ONG J'accuse ainsi que l'Union des étudiants juifs de France) appellent l'entreprise à faire plus en matière de modération. Elles exigent, devant la justice, la nomination d'un expert judiciaire pour connaître la manière dont les messages sont modérés. Parce que jusqu'à présent, l'entreprise garde jalousement le secret sur le sujet.

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Selon les quatre associations citées par Les Echos, les contenus haineux ont augmenté de 43% pendant le confinement. Les injures homophobes et les tweets racistes, notamment dirigés contre les Chinois, ont explosé. 1.100 tweets "manifestement illicites" ont été signalés à Twitter au pic de la crise du coronavirus. La loi sur la confiance dans l'économie numérique oblige la plateforme à les supprimer dans un "délai raisonnable". Les associations ont donné jusqu'à 5 jours à Twitter pour les retirer. Résultat, passé le délai, seuls 12% des tweets ont été retirés. Chez Facebook, 68% des messages signalés ont été supprimés (mais le testing ne portait que sur 78 posts). Fin juin, la Commission européenne fait le même constat dans un autre testing : sur 1.400 tweets signalés, seuls 36% ont été retirés. L'exécutif européen indique même que le taux de retrait est plus faible cette année qu'en 2019.

Un manque d'effectifs de modération

"On n'est même pas dans le 'peut mieux faire', il s'agit bien d'une inaction massive de la part de Twitter", accuse dans le quotidien économique Pauline Birolini, la responsable du service juridique de SOS Racisme. La justice a audiencé les associations une première fois à la mi-juin et elles seront de nouveau convoquées le 25 août. "Presque dix ans après notre combat contre le hashtag #UnBonJuif, il y a même quelque chose de funeste dans le fait que nous dussions retourner devant la justice. Cela montre que rien n'a changé", souffle Samuel Lejoyeux, vice-président de l'UEJF. Ce weekend, le mot-clef #JewishPrivilege (privilège juif) a fait florès.

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Le directeur général en France assurait pourtant dans le JDD que "tout ce qui permettra de promouvoir des conservations apaisées, sereines, intéressantes et éclairées, ainsi que la mise en avant d'infos vérifiées et vérifiables doit être étudié. C'est notre obsession, et ce n'est pas une question d'image, c'est une question de survie". Contrairement à Facebook qui a augmenté ses effectifs en 2020 pour lutter contre les contenus dangereux, Twitter est accusé de traîner des pieds. La plateforme souligne que 50% des tweets contraires à sa politique de contenu sont repérés automatiquement par un algorithme. Les autres doivent être modérés par des humains. Mais l'oiseau bleu n'a pas précisé ses effectifs, à l'inverse de Facebook qui y dédie 35.000 salariés dans le monde.

La loi Avia jugée "inutile"

La loi contre la haine en ligne, portée par la députée La République en marche (LREM) Laetitia Avia, devait limiter les contenus haineux sur ces plateformes. Dans le principe, elle oblige les plateformes à retirer les contenus haineux en moins de 24 heures. Mais le Conseil constitutionnel a supprimé cette disposition. Les associations LGBT+ craignaient une censure des plateformes. Aides, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature s'étaient réjouis : "depuis plus d'un an, associations et syndicats dénoncent ce texte inutile et dangereux, qui aurait notamment abouti au bâillonnement des militants des luttes contre les LGBTQ-phobies et le VIH utilisant des termes jugés haineux".

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Crédit photo : Pixabay / PixelKult


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