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PMA pour toutes : l’opposition à court d’arguments crie au « lobby LGBT+ »

Des députés de l'opposition à la PMA pour toutes ont dénoncé la présence d'un "lobby LGBT+". Au risque d'attiser les actes homophobes.

Certains députés ont besoin de repos. Pendant l'examen du texte bioéthique, jeudi 30 juillet à l'Assemblée, le député LR Marc Le Fur a dénoncé l'existence de "lobby". "Ces lobby s'expriment à visage découvert, comme on le voit parfaitement ce matin", argue-t-il.

La "banalisation" de propos homophobes

Il est alors chahuté par les députés présents dans l'hémicycle. "Oui, oui, des lobby, je le dis très clairement et maintenant à visage très explicitement découvert", lâche-t-il alors qu'il discute d'un amendement de Laurence Vanceunebrock (LREM). Dans la même veine, Xavier Breton (LR) avait lui aussi évoqué en commission "les caprices de ce qu'on peut appeler un lobby", avant d'ajouter "la majorité est tiraillée entre des revendications militantes et ultra de lobby surreprésentés au sein de votre majorité".

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Ces propos sont devenus une antienne reprise en chœur par les opposants à l'ouverture de la PMA pour toutes. "Ce qui me gêne le plus, c'est la banalisation de telles paroles. À force de le répéter, c'est devenu un argument presque banal qui pousserait à croire à l'existence d'un tel lobby", souffle Raphaël Gérard, député LREM ouvertement homo joint par téléphone.

"Rien n'est caché"

"Évidemment qu'on discute avec des associations LGBT+ quand on ouvre la PMA à des couples de femmes. Rien n'est caché et nous écoutons tout le monde, y compris les opposants au texte", poursuit le député qui regrette qu'il n'y ait pas eu de levée de bouclier de tous les parlementaires pour dénoncer un discours indigne.

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"Je suis ulcérée par ces propos qui semblent républicains mais qui conduisent à l'homophobie et n'ont rien à faire dans cet hémicycle sacré", s'inquiète auprès de TÊTU Laurence Vanceunebrock (LREM), elle aussi ouvertement lesbienne. Elle rappelle que le dernier rapport de SOS homophobie fait était de 26 % de signalements supplémentaires.

"Ces députés n'auraient pas osé parler de lobby juif ou tenir des propos racistes, en revanche, il est tolérable de dire des choses homophobes", tempête la députée LREM. Le même jour, Guillaume Chiche a dû recadrer Agnès Thill (non inscrite) dont les propos "conduisent à des actes" homophobes.

Des proches de LMPT

D'autant que ces députés d'opposition au texte ne font pas mystère de leur liens avec l'Église catholique, comme le faisait remarquer le compte Twitter ParisPasRose.

https://twitter.com/ParisPasRose/status/1288761177317703680

"Venant de personnes qui sont les porte-voix de Sens commun et de La Manif pour tous, c'est assez étrange", pointe Raphaël Gérard. Selon lui, ces députés cherchent à mobiliser leur électorat conservateur... faute d'argument.

 

Crédit photo : Capture d'écran / Assemblée nationale


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