Dans un discours fort, la présidente de la Commission européenne s’engage pour les LGBT

Dans un discours sur l'état de l'Union, Ursula Von der Leyen annonce un plan contre les LGBTphobies et plaide pour la reconnaissance de l'homoparentalité dans tous les pays de l'Union européenne.

Le discours était attendu de longue date après un silence inquiétant. Ce mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen a adressé aux parlementaires son discours présentant un "état de l'Union". Depuis plusieurs semaines, des militants LGBT+ et des eurodéputés ont poussé pour que l'exécutif européen condamne l'homophobie d'État qui s'installe en Pologne. Et notamment, les zones dites "sans LGBT" qui sont encouragées par le gouvernement polonais.

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Dans l'hémicycle, Ursula Von der Leyen a qualifié ces municipalités de zones "sans humanité". Elle "n'ont pas leur place" dans l'UE a-t-elle déclaré. "La Commission proposera bientôt une stratégie visant à renforcer les droits des personnes LGBTQI. Je plaiderai en faveur de la reconnaissance mutuelle des relations familiales dans l'UE : si vous êtes parent dans un pays, vous êtes évidemment parent dans tous les pays", a-t-elle annoncé. "Etre soi-même n'est pas une question d'idéologie. C'est votre identité. Et nul ne pourra jamais vous la retirer", a-t-elle poursuivi. Elle fait référence à des propos d'Andrzej Duda selon qui les personnes LGBT+ sont une "idéologie" comparable à un "néo-bolchevisme".

Au-delà des mots, la nécessité des actes

Très active sur les sujets LGBT+, Mélanie Vogel, conseillère politique des écologistes au Parlement européen a appelé à des actes concrets rapidement. "Merci pour ces mots qui sont vrais. Quand un État membre créé des 'zones sans humanité', il n'y a pas de temps à perdre. Il y a un devoir d'agir. Maintenant", a-t-elle déclarée sur Twitter. "Discours fort de Ursula Von der Leyen sur les principes. Maintenant nous voulons que les actes suivent les mots, tant sur les libertés fondamentales que sur le climat. Et là...", a renchéri de député européen Raphaël Glucksmann. "Cela fait des mois qu'on attendait une condamnation de la Commission sur les atteintes aux droits humains en Pologne. Les mots d'Ursula Von der Leyen sont forts. Il désormais faut voir quelle sera la réponse des institutions pour protéger des militants comme Margot", ajoute auprès de TÊTU Sebastien Tüller, responsable LGBTI d'Amnesty International.

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La co-présidente de l'intergroupe LGBTI et ouvertement lesbienne, Terry Reintkler, également eurodéputée, a mis en avant une plateforme de soutien européen aux personnes LGBT+. Cette plateforme permet de centraliser des informations et des dons pour des associations LGBT+ en Pologne.

La Pologne est sous le coup d'une procédure pour risque de "violation grave" des valeurs de l'UE. En théorie, cela peut conduire à des sanctions, mais la procédure patine. La Commission doit également présenter un premier rapport sur le respect de l'État de droit dans chaque pays de l'UE. Des députés ont fait savoir que le Parlement ne votera pas un budget qui ne conditionne pas l'allocation de fonds à un mécanisme de respect de cet État de droit.

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Crédit Photo : Commission européenne / Etienne Ansotte


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