En Pologne, la communauté LGBT entre résistance et résignation

La droite dure, au pouvoir en Pologne depuis 2015, impulse une haine des personnes LGBT+. Les récents évènements ont réveillé le militantisme d'une partie de la communauté. Mais pour certains, il est difficile de voir la lumière au bout du tunnel de l'homophobie d'Etat..

Les histoires d’amour, les râteaux, les regrets, les ruptures, les questions gênantes et les expériences désagréables, tous ces impératifs de l’adolescence ont presque disparu des appels reçus par la permanence téléphonique de l’association Lambda, à Varsovie, la capitale polonaise. “Aujourd’hui, je réponds surtout à des appels de détresse provenant de jeunes qui sont rejetés, isolés, et qui se sentent complètement désarmés, voire pensent au suicide”, raconte Jan Topczewski.

Plusieurs fois par semaine, ce doctorant de 27 ans tient bénévolement la permanence pour aider comme il peut la communauté LGBT+ à faire face aux attaques répétées des hommes d’État et d’Église. “Il y a encore un an, les gens étaient écœurés par la situation, mais aujourd’hui ils se sont habitués à l’homophobie, explique-t-il. Il y a toujours une haine intense, mais c’est devenu la nouvelle norme.” Électoralement chargée – européennes en mai 2019, législatives en octobre et présidentielles en juin –, l’année écoulée a permis à l’homophobie ordinaire de se répandre en Pologne.

L'homophobie, sujet politiquement porteur

Après les réfugiés et avant les magistrats, “l’idéologie LGBT” est devenue la cible des partis ultraconservateurs, en particulier de Droit et Justice (PiS), au pouvoir depuis 2015. Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles : fin juin, Margo, une militante LGBT+, avait été arrêtée pour avoir dégradé une fourgonnette anti-avortement. Sa mise en détention provisoire a provoqué une vague de protestation dans tous le pays. Quelques jours après, on apprenait que le gouvernement allait soutenir financièrement une commune déclarée "zone sans LGBT", après la perte de ses subventions européennes - en réprimande....


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