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Pourquoi les militants LGBT+ pleurent la mort de la juge Ruth Bader Ginsburg

La juge à la Cour Suprême Ruth Bader Ginsburg s'est éteinte à 87 ans ce vendredi 18 septembre. La communauté LGBT+ perd une alliée précieuse pour la défense de ses acquis... et la conquête de nouveaux droits.

De nombreuses personnalités ont tenu à rendre hommage à Ruth Bader Ginsburg,  juge à la Cour Suprême américaine, qui est décédée ce vendredi. Des américains ont couvert les marches de la Cour suprême de fleurs. Sur le même parvis, des militants des droits des personnes LGBT+ ont fait flotter un drapeau arc-en-ciel à côté d'un drapeau américain. Ils veulent rendre hommage à celle qui est une "héroïne pour les personnes LGBT+".

"Un engagement total pour l'égalité"

"RBG", qui a été nommée par Bill Clinton en 1993 a pesé dans toutes les décisions qui concernent les droits des personnes LGBT+, rappelle le Washington Blade. "Son travail a permis d'avoir arguments juridiques pour l'égalité de genre aux États-Unis et ses décisions ont montré son engagement total pour l'égalité des personnes LGBT+", salue Alphonso David, le président de Human Rights Campaign, dans un communiqué. En 1996, elle s'est battue contre un amendement à la Constitution du Colorado qui permettait de faire voter des lois discriminatoires envers les LGBT+.  En 2003, sa décision Lawrence vs. Texas est revenue sur une loi qui criminalisait la sodomie.

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Dix ans plus tard, elle défend le mariage pour tous contre la Proposition 8 en Californie, un référendum qui vise à interdire les mariages de couples de même sexe. Dans la décision Obergefell vs Hodges, elle a obtenu l'extension du mariage pour tous les couples dans tous les États américains. RBG a d'ailleurs marié deux hommes en 2013. Le Washington Blade remarque que pour toutes ces jurisprudences qui concernent le mariage, les juges étaient divisés à 5 contre 4. Si RBG n'avait pas été présente, les décisions auraient sûrement été à l'encontre des droits des personnes LGBT+.

"Elle a gagné des cas déterminants"

Plus récemment, Ruth Bader Ginsburg s'est impliquée lors du procès Bostock contre le comté de Clayton qui reconnaît les discriminations anti-LGBT+ comme une forme de discrimination sexuelle. Cette décision permet de garantir des protections aux personnes LGBT+ contre les loi discriminatoires qui concernent notamment le travail, le logement, la santé ou encore l'éducation. "En tant qu'avocate des droits civiques, elle a plaidé et gagné des cas déterminants qui offrent des protections constitutionnelles aux femmes. Elle était notre championne et une architecte d'une vision élargie de l'égalité de genre. Sans son influence et son pouvoir de conviction, aucune de ces décisions qui font date n'aurait pu être possible", souligne Shannon Minter, la directrice juridique du Centre national pour les droits des lesbiennes.

"Une vision élargie de l'égalité de genre"

"Pendant toute sa carrière, Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour le droits des personnes à la marge. Depuis qu'elle a été avocate jusqu'à devenir juge à la Cour suprême, RBG a plaidé d'une voix forte contre les inégalités et les discriminations de genre. C'est une alliée de longue date de la communauté LGBT+, son soutien indéfectible était un témoignage de son engagement pour l'égalité entre les personnes", a tenu à saluer Kevin Jennings, directeur général de Lambda Legal, une organisation de défense des personnes LGBT+ et des personnes porteuses du VIH.

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"On regrette profondément le départ de la juge Ruth Bader Ginsburg qui a été une vraie championne de l'égalité des personnes LGBT+. Nous sommes éternellement reconnaissant pour toute sa vie passée à travailler pour les plus beaux idéaux de notre pays", écrit Sarah Kate Ellis, la présidente du Glaad, l'une des plus grosse ONG de défense des personnes LGBT+. En France, SOS Homophobie lui a rendu hommage. "Une grande voix s'est éteinte, elle nous manquera", indique l'association sur Twitter.

Un nouveau juge nommé avant la présidentielle ?

La nomination du (ou plus vraisemblablement de la) juge qui remplacera Ruth Bader Ginsburg dépend du président américain. À quelques semaines de l'élection présidentielle, le pays est divisé entre les partisans d'une nomination rapide par Donald Trump et les militants Démocrates qui souhaitent attendre la fin de la campagne présidentielle, le 3 novembre. Selon NPR, la juge a demandé à "ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", a-elle demandé à sa petite-fille.

En 2014, des militants Démocrates avaient plaidés pour que la juge démissionne à l'âge de 81 ans, tant que Barack Obama était président. Il aurait ainsi pu nommer un nouveau juge progressiste, à vie, et ainsi garantir une Cour Suprême tournée vers la défense des minorités, en cas d'élection de Donald Trump...  La suite, on la connaît. Evidemment, Barack Obama a plaidé ce week-end pour que le testament de RBG soit respecté - et pour qu'un nouveau ou une nouvelle juge soit désigné après l'élection. Mais Donald Trump n'est pas de cet avis, et a déjà fait savoir sa préférence pour trois juristes connues pour leurs positions conservatrices.

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Dans la shortlist du président, on compte notamment Amy Coney, une fervente catholique favorable à la suppression des subventions pour la contraception ou l'avortement. Barbara Lagoa, une avocate qui a appelé à restreindre le vote des anciens détenus de Floride, serait également envisagée, tout comme Joan Larsen, une magistratede la Cour d'appel qui s'était vivement opposée au mariage pour tous. En 2017, 27 associations des droits des personnes LGBT+ s'étaient prononcées contre la nomination à la Cour d'appel de Loan Larsen et Amy Coney. "Leurs positions sur les droits civiques sont à l'opposé de la vision d'égalité, de liberté, de justice et de dignité devant la loi, prônée par les personnes LGBT+", écrivaient déjà les associations. Des candidates de mauvais augure pour les droits LGBT+...

 

Crédit photo : Capture d'écran CBS


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