En banlieue de Lens, ce couple victime d’agressions homophobes vit un enfer

Deux hommes n'en peuvent plus d'habiter dans le quartier d'Avion, à côté de Lens. Après avoir subi des médisances, l'un des deux a été violemment agressé. Ils ont déposé plainte et demandent à être relogés.

Depuis qu'une voisine les a pris en grippe, deux hommes vivent un enfer dans un quartier populaire d'Avion, en banlieue de Lens. Le couple témoigne d'une homophobie du quotidien qui s'est transformée en agression physique. Ils souhaitent déménager pour un environnement plus cossu. Mais l'homophobie mine également la banlieue pavillonnaire.

"Après sa séparation avec son compagnon, une voisine a nourri une rancœur contre nous. Elle a commencé à nous insulter devant les autres résidents, à nous intimider", témoigne Aymeric et Hervé auprès de La Voix du Nord. Un soir, cette voisine tambourine à leur porte, un autre, elle médit sur eux auprès des "gens de l'immeuble". Le couple remarque que des habitants ont gravé un "PD" sur leur boîte aux lettres.

Effet boule de neige

Dès lors, difficile d'arrêter l'effet boule de neige. L'hiver dernier, "je sortais le chien quand j'ai reçu un briquet en pleine tête, lancé par un mec que je n'avais jamais vu", raconte Aymeric. La scène se passe devant une autre voisine qui ne s'interpose pas. Juste avant le confinement, début mars, la violence monte encore d'un cran. Hervé arrive à l'appartement le visage en sang et la lèvre gonflée. Il venait de se faire tabasser à côté des poubelles de l'immeuble.

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Pour son compagnon, c'est un guet-apens : quatre personnes, dont trois qui n'habitent pas ici, l'attendaient à côté du hall. Au total, les médecins lui ont prescrit sept jour d'interruption totale de travail. Hervé a déposé plainte au commissariat.  "Je ne comprends pas cette haine. On ne parle à personne, on est très discret. On ne se tient pas la main en public, par exemple", poursuit Aymeric au quotidien régional. Depuis qu'il s'est fait tabasser, Hervé évite de sortir de chez lui. Le couple a interpellé la mairie et le bailleurs, qui semblent impuissants. Après un an dans le quartier, ils ont demandé à leur office HLM de les reloger, le plus loin possible de ces tours.

Des témoignages en banlieue pavillonnaire

Mais pas certain qu'en s'éloignant de ce quartier populaire que ce couple sera épargné de l'homophobie qui sévit dans la région. À quelques kilomètres, dans la banlieue pavillonnaire de Sains-en-Gohelle, un commerçant de 28 ans n'en peut plus de ses clients qui déversent leur homophobie derrière un pseudo-mécontentement du service. "Petite pédale que tu es", reçoit-il en message privé.

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En octobre, deux hommes se sont fait passer pour les représentant d'un fournisseur avec lequel il travaille. "L'un a commencé à me menacer de mort pour de veilles factures. L'autre a commencé à m'insulter : 'sale pédé, on sait où tu es tapette'. Je n'ai rien dit, j'étais juste humilié", raconte-t-il auprès de La Voix du Nord. Il regrette de ne pas avoir déposé plainte dès les premiers actes homophobes. "C'est dur de vivre avec ça tout le temps. Ça ne devrait pas exister", regrette-t-il.

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Le journal local recense deux agressions violentes depuis l'automne dans la banlieue de Lens. À Billy-Montigny, un couple de femmes a été agressé à la barre de fer par un voisin. En septembre, un homme a frappé son ex à plusieurs reprises. Il ne pouvait pas supporter qu'elle le quitte pour vivre avec une femme.

 

Crédit photo : Léon Wallis / pixabay


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