En Pologne, trois militantes jugées pour avoir représenté la Vierge auréolée des couleurs de l’arc-en-ciel

Trois militantes des droits de l'homme sont accusées par les autorités d'avoir collé des affiches de la Vierge auréolée avec les couleurs de l'arc-en-ciel. Plusieurs ONG dénoncent un "harcèlement" pour limiter la liberté d'expression.

Elles risquent jusqu'à deux ans de prison. Trois militantes sont jugées en Pologne ce mercredi 13 janvier pour "offense aux sentiments religieux". Elles sont accusées d'avoir collé des affiches de la Vierge Marie auréolée des couleurs de l'arc-en-ciel. Six ONG internationales de défense des droits humains appellent le procureur à abandonner les poursuites. Elles dénoncent un "harcèlement" de la part des autorités contre ces personnes qui "ont exercé leur liberté d'expression".

Des affiches en réaction à une installation homophobe

Les autorités les soupçonnent d'avoir collé ces affiches dans les rues de la ville de Plock. Dans la nuit du 26 au 27 avril, des affiches de la Vierge ont été placardées sur des poubelles et des toilettes pré-fabriquées à proximité d'une église.

La campagne d'affichage a été réalisée pour réagir à une installation LGBTphobe. Chaque année à l'époque de Pâques, la ville installe de petites boîtes près d'un Christ sur lesquelles elle écrit des péchés. Cette année de 2019, les mots "LGBT" et "genre" étaient inscrit. "L’orientation sexuelle n’est pas un péché ou un crime. La Vierge Marie protège les personnes LGBT+ de l’Église et des prêtres qui se permettent de condamner les autres", avait alors déclaré l'activiste Elzbieta Podlesna à la BBC.

Une militante des droits de l'hommes perquisitionnée

Le domicile de cette militante chez Amnesty International, a été perquisitionné à 6 heures du matin. La police affirme avoir trouvé plusieurs dizaines d'images de la Vierge ou de Jésus entourés d'une auréole arc-en-ciel. La quinquagénaire a ensuite été placée en garde-à-vue pendant quelques heures. Son ordinateur, son téléphone et ses cartes mémoire ont été perquisitionnés.

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Le ministre de l'Intérieur avait alors applaudi cette arrestation. "Aucune péroraison sur la liberté et la 'tolérance' ne donne droit à qui que ce soit d'offenser les sentiments des croyants", écrivait-il sur Twitter. Mais le soir-même, des manifestations ont eu lieu à Varsovie. Selon Sébastien Tüller, responsable des questions LGBTI chez Amnesty International, "la garde à vue a ensuite été déclarée injustifiée et la police a dû verser une indemnisation à Elzbieta qui l'a reversée à une association LGBT+".

Pas un cas isolé

"Ces poursuites arbitraires ne sont pas un cas isolé. On assiste à de plus en plus d'atteintes graves aux droits des activistes qui militent pour défendre les personnes LGBT+. Cette stratégie de harcèlement doit être dénoncée par les ambassades des pays européens et des institutions européennes", juge le responsable d'Amnesty.

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Crédit photo : Capture d'écran Twitter / Draginja Nadaždin


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