facebook

« Zones sans-LGBT » : Clément Beaune appelle à utiliser la procédure d’infraction contre la Pologne

INFO TÊTU - Dans un entretien pour TÊTU, le secrétaire d'État aux affaires européennes Clément Beaune revient sur son voyage en Pologne, et appelle l'Europe à utiliser la procédure d'infraction contre les "zones sans LGBT".

Il l'avait promis à TÊTU. "J’irai en Pologne dans une zone 'sans LGBT'", déclarait Clément Beaune en décembre. Depuis, le secrétaire d'État en charge des questions européennes en a été dissuadé. Il dit avoir subi des "pressions politiques" de la part des autorités polonaises.

Résultat, son voyage officiel centré sur la question des droits de l'homme a été amputé de son déplacement le plus important : à Krasnik, dans une zone "sans LGBT". C'est pourtant l'un des points d'achoppement sur les droits humains en Pologne - avec l'interdiction de l'IVG - le gouvernement polonais encourage le développement d'un climat hostile envers les personnes LGBTQI+.

Alors que le Parlement européen vote aujourd'hui même une déclaration faisant de l'Union européenne une "LGBTI freedom zone", Clément Beaune, n'aurait-il pas dû forcer la main aux autorités LGBTphobes en Pologne ? Clément Beaune s'en défend auprès de TÊTU. Au passage, il dégoupille ce que certains commentateurs appellent "l'arme nucléaire" de l'UE, en appelant la Commission européenne à lancer une procédure d'infraction aux traités européens. Une procédure qui peut aller, en théorie, jusqu’à retirer les droits de vote d’un pays au sein du Conseil de l’Union.

Pourquoi souhaitiez-vous aller dans une zone "sans-LGBT" ?

J'en avais pris l'engagement dans votre journal. Je voulais expliquer cette réalité qui n'est pas connue de tous. Elle est douloureuse et inacceptable et révèle la question du recul des droits en Europe. Quand on attaque les droits LGBT+, il y a des reculs généralisés sur beaucoup de droits, des femmes notamment.

Vous vous attendiez à ce que les autorités polonaises vous déroulent un tapis rouge ?

Non. J'ai dit que j'irai dans une zone "anti-LGBT" et j'irai avant la fin de l'année. Pour ce déplacement sur la question des droits, qui était ma première visite en tant que ministre en Pologne, j'ai reçu des pressions. Elles se sont manifestées par des messages, pas insultant personnellement, mais qui m'incitaient clairement à ne pas faire cette visite. Mais je ne voulais pas renoncer à aller en Pologne, ça aurait été une forme de lâcheté et de facilité de dénoncer les choses à distance......


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail