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Uber lance une campagne de sensibilisation aux violences sexuelles et aux LGBTphobies

Le géant du VTC lance une campagne pour lutter contre les violences sexistes, sexuelles et les LGBTphobies lors de ses courses.

Au fil des années, plusieurs cas d'agressions sexistes, sexuelles et LGBTphobes par des chauffeurs Uber ont été dénoncés dans la presse comme sur les réseaux sociaux. En septembre dernier, un jeune homme gay a été violemment agressé par un chauffeur Uber. La plateforme de VTC a décidé de réagir. Objectif : accroître la sécurité dans les véhicules lors de ses courses.

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"Ni dehors, ni à bord"

Uber France dévoilait hier, mercredi 17 mars, une campagne de refus des violences et discriminations baptisée "Ni dehors, ni à bord". Cette communication intervient après une année de travail réalisée avec des associations de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et LGBTphobes telles que Collectif Féministe Contre Le Viol, HandsAway, Stop Harcèlement de Rue et SOS homophobie.

Après quelques années d'hésitation sur la formation de ses chauffeurs, la marque se dit désormais prête à sensibiliser ses prestataires mais aussi ses passagers. "Il y a un an au moment de l'apparition du hashtag #UberCestOver, beaucoup de clientes et de clients s'étaient sentis trahis par Uber. Nous voulons regagner leur confiance", explique Laureline Serieys, General Manager d’Uber en France.

Exemples d'affiches de la campagne de Uber "Ni dehors, ni à bord" (crédit image: Uber)

Rétablir la confiance

Pour tenter de rétablir cette confiance, la société a mis en place plusieurs mesures garantissant plus de sécurité. En 2016, Uber avait décidé d'anonymiser les numéros de téléphones de ses client·e·s ainsi que leur adresse. En 2019, la marque lançait un « bouton anti-discrimination » et la possibilité de partager son trajet avec un proche. Depuis février 2020, pour lutter contre le phénomène des "faux chauffeurs", le roi du VTC exige de ces derniers qu'ils prennent un selfie pour permettre une identification en temps réel par ses services. Uber a également mis en place un accompagnement psychologique et juridique des victimes en coopération avec l'association Collectif Féministe Contre Le Viol.

Aujourd’hui, la directrice générale assure que "100% des tickets (comprendre des incidents signalés via l’application, ndlr) sont pris en charge et analysés". Et qu’en cas d’incident graves, "Uber rappelle la victime dans les heures qui suivent".

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Nouvelles mesures

Parmi les nouvelles mesures décidées par la société, il y a l’envoi d’une charte aux 3 millions d'utilisateurs de l'application Uber leur demandant de s'engager contre les violences et discriminations. Son non-respect de la part des chauffeurs comme des clients pourra entraîner des sanctions comme la suspension temporaire ou définitive du compte utilisateur.

Il sera également demandé aux chauffeurs de visionner une vidéo d'un peu plus de trois minutes de "conseils pour des trajets sécurisés". Pas d’ateliers ou d’interventions de sensibilisation en présence physique des chauffeurs ? "Pas pour l'instant, explique la directrice générale, avec 30 000 chauffeurs VTC en France, le meilleur moyen de sensibiliser nous semble être ce module vidéo via l'application et de le rendre obligatoire".

Un partenariat avec SOS homophobie

Est-ce que ces nouvelles mesures permettront d’en finir avec, ou en tout cas de réduire, les actes LGBTphobes lors des courses Uber ? SOS homophobie semble le croire. L’association est dithyrambique sur le dispositif et se félicite de ce partenariat avec Uber qui va lui permettre d’embaucher un juriste ainsi qu'un autre poste dédié à sa ligne d'écoute. Le co-président de SOS homophobie, David Malazoué, prête même sa voix à un spot de sensibilisation, celui-ci orienté vers les passagers :

"Par le passé, on n'a pas fait preuve de tendresse à l'égard de Uber, mais on a été séduit par la démarche proactive de la société qui est venue vers nous", assure le co-président de l’association, qui souligne que "SOS homophobie apprécie de ne pas être qu'un simple logo dans cette campagne mais de collaborer activement à la sensibilisation".

La balle dans le camp de l'État

Quant à une formation plus poussée des chauffeurs Uber, l’entreprise renvoie la balle à l’État. La General Manager d’Uber en France fait part à TÊTU de son intention de demander à l’État qu’une formation de sensibilisation soit inclue dans le cadre de l’examen VTC. Elle plaide également pour la création d’un fichier partagé avec les autres plateformes de VTC pour qu'un chauffeur sanctionné puissent être signalé aux autres sociétés.

Les violences sexuelles et LGBTphobes de la part des chauffeurs, comme des clients, sont un enjeu global pour Uber. D’autres mesures seraient à à l’étude comme la vidéosurveillance embarquée dans les véhicules comme certains pays l’autorisent. Enfin, la directrice générale évoque également  l'exemple brésilien où "il existe une fonctionnalité qui permet aux conductrices et notamment aux femmes trans de n'avoir que des passagers femmes".

Crédit image: Charles Deluvio via Unsplash


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