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La Russie inscrit l’interdiction du mariage pour tous dans sa constitution

Vladimir Poutine a entériné sa réforme de la Constitution de Russie. Elle inscrit le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme.

"Tant que je serai président, ça n’arrivera pas", disait Vladimir Poutine en février 2020, à propos du mariage pour tous. Résultat, le président Russe a signé ce lundi une réforme constitutionnelle adoptée par référendum l'été dernier. Il pourra rester au pouvoir pour deux nouveaux mandats présidentiels (potentiellement jusqu'en 2036). Et la Constitution indique désormais que le mariage est l'union de deux personnes de sexe opposé.

En 2013, il avait déjà fait de la "propagande homosexuelle" un crime à échelle fédérale. La Constitution mentionne désormais "la foi en Dieu" des Russes. La réforme constitutionnelle interdit donc toute possibilité de mariage pour les personnes de même sexe, et notamment la reconnaissance des mariages célébrés à l'étranger. Les gay et les personnes transgenres ne pourront également pas adopter d'enfants. En revanche, le pays a reculé concernant l'interdiction de changement d'état civil des personnes transgenres.

Un référendum largement approuvé

Le référendum a reçu une majorité écrasante avec 77,9% de "oui", avec un taux de participation de 65% selon les chiffres officiels cités par l'AFP. Au passage, Vladimir Poutine dispose désormais d'une immunité à vie, garantie à tous les présidents russes, même après leur départ du Kremlin.

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La campagne électorale concernant ce référendum a particulièrement visé les personnes LGBTQI+. Une publicité montrait un couple gay adoptant un jeune enfant dans un orphelinat. Alors que le garçon demande à son nouveau père qui est sa mère, l'homme pointe la voiture d'où sort un second homme maquillé et habillé avec des vêtements considérés comme féminins. Puis, comme slogan : "pourquoi la réforme constitutionnelle est importante. C'est la Russie que vous choisissez". Out remarque que la vidéo a ensuite été retirée de YouTube.

Des droits remis en cause

Chaque jour un peu plus, la Russie adopte des positions hostiles aux personnes LGBTQI+. Deux hommes supposément gay ont été arrêtés et déportés en Tchétchénie, à 1.700 kilomètres de chez eux. Là bas, l'ONG  LGBT Set craint qu'ils soient torturés et en "danger de mort". Le président russe avait ironisé, cet été, contre l'ambassade des États-Unis qui avait pavoisé son bâtiment d'un drapeau arc-en-ciel. "Qui travaille dans ce bâtiment ? Laissons-les célébrer. Cela dit quelque chose des gens qui travaillent là-bas", disait-il à la télévision russe.

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Dans son dernier rapport sur les droits humains, Amnesty International rappelle que "la militante des droits des personnes LGBTI Ioulia Tsvetkova a été condamnée à une amende de 75 000 roubles (1 014 dollars des États-Unis) pour avoir mis en ligne certains de ses dessins en soutien aux couples de même sexe. Elle faisait également l’objet d’autres poursuites, notamment pour pornographie, en raison de ses dessins purement figuratifs d’organes génitaux féminins".

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L'ILGA a classé la Russie à la 46ème place sur 49 concernant les droits des personnes LGBTQI+ sur le continent européen. "Cette année, des crimes de haine contre les personnes LGBTQI+, notamment des meurtres, des violences physiques et des extorsions ont été commis. Les autorités ont refusé de prendre en compte le caractère LGBTphobe de ces crimes", indique l'ONG internationale.

Crédit photo : Дмитрий Осипенко / Pixabay


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