écriture inclusivePoint d'écriture inclusive à l’école, c’est la bataille que Blanquer a décidé de mener

Par tetu le 04/05/2021
écriture inclusive

No pasarán. Lui ministre de l'Education nationale, le point médian de l'écriture inclusive ne passera pas dans les écoles, assume Jean-Michel Blanquer, relançant la nouvelle obsession préférée de la droite réac française.

“Nous allons mettre les points sur les  i !”. Alors que le Sénat, à majorité de droite et du centre, organise ce jeudi 6 mai un débat sur le thème : "Écriture inclusive : langue d’exclusion ou exclusion par la langue", le ministre de l’Education nationale est bien décidé à prendre la tête des troupes anti-point médian. Il l’a déclaré avec la fougue qu’on lui connaît dans une interview au Journal du dimanche, relayée aussitôt par Le Figaro qui cache difficilement sa joie : “Jean-Michel Blanquer veut interdire l’écriture inclusive à l’école”.

“Notre langue est le premier trésor français, celui qui nous relie tous et fait notre puissance mondiale”, démarre consensuellement le ministre alors qu’on lui demande si l’écriture inclusive est “une bonne façon de promouvoir l’égalité homme-femme”. Avant d’aussitôt lever le bouclier face aux défenseur.e.s du point médian : “Elle ne doit donc pas être triturée ou abîmée”. Grand prince, Jean-Michel Blanquer admet que “la féminisation des métiers et fonctions est un progrès” mais quant à “mettre des points au milieu des mots”, nenni.

L'écriture inclusive, "barrage à la transmission"

Pour étayer son opposition, l’ancien professeur agrégé de droit public brandit le cas des enfants dyslexiques, considérant que l’écriture inclusive est “un barrage à la transmission de notre langue pour tous”. On notera le sens de la formule, dont on ne sait pas si elle fait clin d'oeil au mariage pour tous ou, au contraire, rend un hommage subliminal à la Manif pour tous. Peut-être les deux en même temps.

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Sur le Twitter de gauche, beaucoup saluent le fait que le dossier écriture inclusive soit en haut de la pile sur le bureau du ministre de l’Education, dans un contexte qui s’y prête. "Les lycéens se mobilisent pour passer le bac en contrôle continu. Les étudiants crèvent de faim. Les professeurs ne sont toujours pas vaccinés et Jean-Michel Blanquer veut interdire l’écriture inclusive à l’école”, relève par exemple le porte-parole de Génération·s, le mouvement fondé par Benoît Hamon.

Blanquer accusé de faire diversion

Blanquer fait diversion avec l'épouvantail #écritureinclusive”, abonde Bastien Lachaud, député de la France insoumise, tandis que l’ancienne ministre socialiste Laurence Rossignol dénonce une “croisade des  réactionnaires et des antiféministes”, relevant que “les ministres n’ont pas de pouvoir sur l’évolution de la langue”.


C’est vrai, sauf dans l’administration et les programmes, comme le rappelle avec fierté Jean-Michel Blanquer dans l’interview qui a mis le feu aux points : “Nous avons déjà une circulaire d’Édouard Philippe interdisant l’écriture inclusive dans les usages administratifs, nous allons bien clarifier le fait que c’est vrai aussi dans nos usages pédagogiques”. Les profs qui fomentent des points médians n’ont qu’à bien se tenir.

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Crédit photo : @jean_michel_blanquer via Instagram