élection présidentielleDébat de la droite pour 2022 : cinq candidats contre les LGBTQI+ ?

Par Nicolas Scheffer le 08/11/2021
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Les candidats Les Républicains à l'investiture pour l'élection présidentielle de 2022 vont tenter d'éclairer leurs désaccords lors de quatre débats télévisés. Les cinq ont en tout cas un point commun : tous se sont opposés dans leur carrière à l'avancée des droits LGBTQI+.

Quatre débats pour se départager. Les cinq candidats à l'investiture du parti Les Républicains (LR) pour l'élection présidentielle de 2022 entament ce lundi 8 novembre une série de quatre émissions télévisées en direct (sur LCI ce soir, puis BFMTV dimanche 14 novembre, CNews et enfin France 2) destinées à convaincre les électeurs de la droite et du centre. Une chose est sûre : l'hostilité à l'avancée des droits des personnes LGBTQI+ sera bien représentée sur le plateau… Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti, Philippe Juvin : tous ont en effet tenu au cours de leur carrière politique des positions hostiles à l'avancée des droits LGBTQI+.

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Xavier Bertrand "contre l’adoption, la PMA et bien sûr la GPA"

"Pour moi, le mariage ne peut pas être ouvert pour les homosexuels", martelait en 2012 celui qui était alors député de l'Aisne, à l'aube du débat sur le mariage pour tous. En 2014, dans le très conservateur Valeurs actuelles, Xavier Bertrand entendait carrément mettre la loi Taubira à la poubelle : "Je n’ai plus peur des mots : réécriture, abrogation, c’est la même chose. S’il faut dire abrogation, ce sera abrogation". On ne peut plus clair, en effet, il ajoutait : "Je suis contre l’adoption, la PMA et bien sûr la GPA".

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Et inutile de tenter de le faire changer d'avis, Xavier Bertrand se montrait intraitable : "Quand j’entends certains de mes amis dire qu’on ne pourra pas revenir sur cette loi [Taubira, ndlr] parce qu’elle est entrée dans les moeurs, je ne m’étonne plus que beaucoup se détournent de la politique. Si on part du principe que ce que la gauche a voté correspond au sens de l’histoire et qu’on n’y peut rien, alors j’arrête de faire de la politique !" Or, il a continué, mais en annonçant que lui président, il n'y aurait pas de réforme sociétale : "Ça sera une pause". Au moins, c'est clair.

Quand Valérie Pécresse voulait "démarier" les couples homos

Célèbre pour son "rien de tel qu'une femme pour faire le ménage", Valérie Pécresse voulait surtout démarier les couples homos si la droite revenait au pouvoir. "Bien sûr, on peut tout à fait imaginer de mettre en place un statut d'union civile et de transférer les droits sur un statut d'union civile, ça peut se faire", envisageait-elle sur LCI en 2012.

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En campagne deux ans plus tard pour son premier mandat de présidente de la région Île-de-France, lors d'un "grand oral" de la Manif pour tous (LMPT), Valérie Pécresse assène qu'elle ne "subventionnera pas la théorie du genre", ce qu'elle justifie ainsi : "Énormément de ces associations [LGBTQI+, ndlr] sont uniquement là pour faire du lobbying politique". Ce qui ne l'empêche pas de nommer une militante LMPT à la tête de la commission famille…

Plus tard, alors que Valérie Pécresse fait campagne pour être réélue à la tête de l'Île-de-France, c'est l'intégralité du sous-chapitre sur ses prises de position quant au mariage pour tous qui disparaît mystérieusement de sa page Wikipedia… Aujourd'hui après avoir tant bataillé contre l'avancée des droits LGBTQI+, la candidate assure que si elle avait été députée, elle aurait voté la PMA pour toutes "à la condition que les enfants puissent avoir accès à leurs origines", ce qui fait partie du texte.

Éric Ciotti contre la "dérive" de l'homoparentalité

En 2013, Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, faisait partie des politiques au premier rang des manif anti-mariage pour tous. Assumant sur Twitter : "Respecte totalement l'amour homosexuel, mais pour moi le mariage a un sens : l'union d'un homme et d'une femme pour fonder une famille". Reconnaissant par la suite que "(s)a position personnelle sur ce mariage a évolué", Eric Ciotti ressort tout de même son bréviaire LMPT en 2019, lorsqu'il estime dans Le Point qu'"un enfant doit avoir un père et une mère", martelant : "Aucun égoïsme ne peut enlever à un enfant ce principe fondamental"… Et comme le ridicule ne tue pas, il lit dans une proposition parlementaire de faire figurer "parent 1, parent 2" sur les formulaire scolaires "une étape supplémentaire dans cette dérive". Rien que ça.

Michel Barnier votait contre la dépénalisation de l'homosexualité

Le 20 décembre 1981, Michel Barnier faisait partie, avec François Fillon, des 155 députés qui ont voté contre l'abrogation de l'alinéa 2 de l'article 331 du Code pénal réprimant tout "acte impudique ou contre nature" avec un adolescent de même sexe dans le cadre de rapports consentis. Les législateurs retiraient pourtant de la loi une différenciation de la majorité sexuelle selon qu'un rapport était homo ou hétéro. De l'égalité basique, en somme.

Philippe Juvin signataire d'une charte anti-"identité de genre"

Si l'on s'en tient à ses dernières déclarations, Philippe Juvin serait le candidat de la droite le plus ouvert sur les questions LGBTQI+. "Je trouve que la société doit laisser les gens libres et le choix de la PMA ou pas dépend des individus", a estimé le médecin "à titre personnel". Pourtant en 2014, alors qu'il était eurodéputé, il signait aux côtés de Jean-Marie Le Pen son adhésion aux "principes européens pour la famille et pour l'enfant" édictés par un mouvement issu de la Manif pour tous. Cette charte de principe indique notamment que le mariage est l'engagement d'"un homme et une femme l'un envers l'autre pour s'aimer, fonder une famille et éduquer leurs enfants".

"Dans son intérêt supérieur, l'enfant a le droit d’être élevé par son père et sa mère ou, s’il est privé de sa famille d’origine, par un père et une mère adoptifs", poursuit le texte signé par Philippe Juvin. Mais encore, malgré le libéralisme affiché du candidat, la charte précise que "la grossesse ne peut être l’objet d’aucun contrat". Enfin, elle ajoute que la lutte contre les discriminations "ne peut être utilisée au profit d'une politique installant et/ou promouvant l'identité de genre, laquelle ne prend pas en compte l'identité sexuée homme/femme des personnes, réalité objective et essentielle à toute humanité".

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Crédit photo : capture d'écran LCI