SantéLe gymnaste gay Dominic Clarke sensibilise sur Instagram au mythe du corps idéal dans le sport

Par tetu le 22/11/2021
Dominic Clarke, gymnaste olympique gay, sur Instagram

En postant sur Instagram une photo de lui torse nu après une longue période de repos post-JO, le gymnaste australien de trampoline Dominic Clarke, ouvertement gay et engagé dans la visibilité LGBTQI+, porte une nouvelle cause : le "body positive", expliquant que le sport de haut niveau produit une pression qui pèse sur la santé mentale des athlètes.

"Mon corps a donc changé depuis les Jeux Olympiques". Le constat est simple, logique même après avoir "donné à [son] corps et à [son] cerveau des mois pour récupérer après les Jeux Olympiques hors de la salle de gym", mais Dominic Clarke a néanmoins éprouvé le besoin d'en tirer un message qu'il a posté sur son compte Instagram à côté d'une photo de lui en short, torse nu, franchement sexy mais pas aussi affûté que lors des compétitions internationales où le gymnaste australien de trampoline a pu apparaître.

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Et c'est bien sur ce sujet que l'athlète souhaite alerter l'opinion. "Avec les attentes de la société et des médias sociaux sur ce à quoi devraient ressembler les athlètes olympiques et la pression d'un sport subjectif [le trampoline, comme la danse sur glace par exemple, est noté par des juges qui tiennent compte de critères esthétiques, ndlr], on ne parle pas assez de la normalisation des fluctuations et de la diversité avec nos corps en tant qu'athlètes", remarque le sportif âgé de 24 ans. Or, après les quelques mois de repos qu'il s'est accordé depuis les JO de Tokyo cet été, où il a terminé huitième de la finale, le jeune homme s'est surpris à se se préoccuper du regard qui serait posé sur lui : "Je ne m'attendais pas à m'inquiéter de retirer mon t-shirt à l'entraînement par peur d'être jugé 'pas assez athlétique' alors que je sais que ce n'est pas le cas".

"Tous les gymnastes n'ont pas de gros biceps"

Conscient qu'en tant qu'athlète de haut niveau, il n'est "pas le 'visage' traditionnel du dialogue positif sur le corps [body positive]", Dominic Clarke tient néanmoins à dire que le problème de la pression sociale exercée sur les corps ne tient pas au niveau de beauté des corps en question (qui reste d'ailleurs subjective) mais bien à celui de la pression qui est mise. Et qui, dans le cas de la mise en scène des athlètes de haut niveau, est forte. Or, rappelle-t-il, "tous les gymnastes n'ont pas de gros biceps, tous les plongeurs n'ont pas un pack de 8 et la haute performance n'a pas un type de corps idéal". Un message qu'il délivre avec un objectif : "Je veux que les autres se sentent en confiance pour leur propre bien-être".

Un rappel utile, pour plus d'inclusion dans le sport et pour la santé mentale des athlètes. Et un message cohérent pour l'athlète qui avait fait son coming out médiatique gay et queer un mois avant les JO afin de pouvoir s'y rendre comme "ambassadeur de la Fierté". Manifestement, il n'a pas décidé de raccrocher ce maillot d'ambassadeur, et c'est tant mieux !

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Crédit photo : Instgram/@_domclarke