SantéLe traitement hormonal réduit les risques de dépression et de suicide chez les ados trans et non-binaires

Par Tessa Lanney le 20/12/2021
hormones,hormonothérapie,trans,transgenre,non-binaire,oestrogènes,testostérone,dépression,risque de suicide,Trevor Project,traitement hormones,traitement hormonal,affirmation de genre,identité de genre,lgbt,genre

Une étude américaine menée par le Trevor Project montre une nette diminution du risque de dépression ou de suicide chez les jeunes transgenres ou non-binaires ayant accès à un traitement hormonal d'affirmation de genre.

S'il fallait une étude pour prouver aux sceptiques l'intérêt d'accompagner les jeunes trans ou non-binaires qui le souhaitent dans l'accès à un traitement hormonal, la voici. Une étude américaine du Trevor Project, publiée le 14 décembre dans le Journal of Adolescent Health, montre que l'hormonothérapie d'affirmation du genre (GAHT en anglais) entraîne chez les ados trans ou non-binaires une diminution du risque de dépression, d'idées suicidaires et de passage à l'acte.

À lire aussi : "Option éducation sexuelle" sur France 5, ou l'importance d'aborder la sexualité à l'école

Ainsi, l'étude révèle que parmi les personnes concernées âgées de 13 à 17 ans, la réception d'un traitement hormonal était "associée à près de 40% de probabilités plus faibles de dépression récente et de tentative de suicide au cours de la dernière année." L'étude globale a été menée d'octobre à décembre 2020 sur plus de 9.000 personnes s'identifiant comme trans et non-binaires, dont la moitié ne recevaient pas d'hormonothérapie mais souhaitaient y avoir recours tandis que 14% en utilisaient.

L'accès aux hormones "essentiel" pour les jeunes trans et non-binaires

"Il est clair que les soins d'affirmation du genre ont le potentiel de réduire les taux de dépression et de tentatives de suicide, en conclut le PDG du Trevor Project, Amit Paley. Alors que l'interdiction de ces soins vitaux et l'exposition des jeunes à une rhétorique politique néfaste peuvent causer un réel préjudice." Et de plaider : "Il est essentiel que tous les jeunes transgenres et non-binaires à travers le pays aient accès à des soins médicaux d'affirmation, centrés sur le patient et fondés sur des preuves".

https://twitter.com/TrevorProject/status/1471237255972929548?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1471237255972929548%7Ctwgr%5E%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fattitude.co.uk%2Farticle%2Fhormone-therapy-reduces-depression-and-suicide-among-trans-youth-study-finds-1%2F26368%2F

Le Trevor Project met aussi en lumière la corrélation entre le traitement et le soutien reçu de la part des famille. Près de 80% des personnes qui reçoivent l'hormonothérapie avaient ainsi au moins un parent soutenant leur identité de genre. La proportion monte même jusqu'à 94% pour les 13-17 ans. Une logique vertueuse défendue par les associations concernées : autodétermination, soutien de l'entourage et accès aisé aux traitements permettant de se sentir soi.

L'importance de l'accès aux soins d'affirmation de genre

En revanche, l'étude américaine montre également l'accès inégalitaire aux traitements hormonaux. Les femmes et les hommes trans sont par exemple largement majoritaires dans les 14% de personnes sous hormones. Parmi les personnes qui souhaiteraient y avoir recours, les personnes non-binaires sont davantage représentées. La couleur de peau est aussi prise en compte dans l'étude puisque les personnes blanches représentent 68% des personnes ayant accès aux traitement et 56% de celles qui en manifestent l'envie, tandis que les personnes racisées présentent des taux plus faibles. De plus, c'est dans le sud des États-Unis, où la plupart des projets de loi anti-trans ont été introduits et/ou adoptés que l'on trouve les taux d'accès les plus faibles.

Au vu de ces résultats, les chercheurs soutiennent qu'il faut "se concentrer sur l'augmentation de la sensibilisation et de l'éducation autour des soins affirmant le genre pour les parents ainsi que les prestataires de soins de santé et autres". L'étude a également permis d'établir un autre constat : "Les preuves existantes suggèrent que le regret est faible pour les interventions de soins affirmant le genre." Car sur 55 adultes trans qui ont reçu des soins d'affirmation de genre en grandissant, personne n'a exprimé dans cet étude le moindre désir de revenir en arrière.

À lire aussi : Aux transphobes qui s'acharnent : oui, l'autodétermination est un épanouissement !

Crédit photo : Hal Gatewood via Unsplash