justiceChantage homophobe à la sextape : le maire de Saint-Étienne condamné

Par têtu· avec AFP le 01/12/2025
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Jugé pour des faits de chantage sur la personne de son ancien adjoint à partir d'une vidéo le montrant dans une relation sexuelle avec un homme, le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau, a été déclaré "entièrement coupable" et condamné à quatre ans de prison ferme.

La présidente du tribunal a pointé l'"extrême gravité" des faits, soulignant "le devoir d'exemplarité" et de "représentation des élus". À l'issue de son procès tenu en septembre dernier, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné ce lundi 1er décembre le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau (UDI), pour le piège tendu en 2015 à son ancien premier adjoint, Gilles Artigues, filmé par une caméra cachée en compagnie d'un prostitué, avant que la vidéo ainsi obtenue ne serve à lui faire subir un chantage, homophobe puisqu'il était menacé d'outing.

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Si Gaël Perdriau a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés, les déclarations de ses co-prévenus sur son rôle d'initiateur ont convaincu le tribunal, qui a condamné l'édile de 53 ans à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, avec mandat de dépôt à effet différé assorti de l'exécution provisoire – c'est-à-dire qu'il sera incarcéré sous peu. Il est également condamné à cinq ans d'inéligibilité à exécution immédiate, et doit donc quitter sans délai sa fonction de maire.

Gaël Perdriau annonce un appel

"Nous prenons acte de cette décision d'une sévérité inouïe, dont l’exécution provisoire nous paraît parfaitement injustifiée. Nous déposerons une demande de mise en liberté dès que possible", ont réagi les avocats de Gaël Perdriau dans une déclaration commune à l'Agence France-Presse (AFP). "Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible", a répété leur client à la sortie du tribunal, annonçant sa décision de faire appel. Exclu de son parti, Les Républicains, lorsque l'affaire avait éclaté en 2022, il comptait malgré tout se présenter à sa réélection aux élections municipales de 2026.

Ses co-prévenus ont également été condamnés. Pierre Gauttieri, 57 ans, directeur de cabinet du maire de 2014 à 2022 et qui se définissait comme "l'homme de l'ombre", écope d'une peine de deux ans de prison ferme. Samy Kéfi-Jérôme, 45 ans, ancien professeur des écoles qui avait été nommé en 2014 adjoint au maire en charge de l'Éducation, a reconnu avoir servi d'appât, avoir installé la caméra cachée et avoir participé au chantage : il écope de trois ans de prison ferme.

Gilles Artigues "soulagé"

Gilles Rossary-Lenglet, 53 ans, ancien conjoint de Samy Kéfi-Jérôme, est celui qui avait eu l'idée du piège à connotation sexuelle et qui s'était occupé des détails techniques du piège. C'est aussi lui qui avait révélé toute l'affaire à Mediapart en 2022. Condamné à trois ans de prison ferme, il s'estdit "soulagé", commentant : "Le jugement dit que je dis bien la vérité. Cette vérité est implacable pour moi, mais je l'assume."

"Soulagé", c'est aussi l'adjectif employé par Gilles Artigues, estimant que cette décision reconnaît son "statut de victime". "Aujourd'hui, je pense que je vais pouvoir me reconstruire" a déclaré l'ancien député centriste, qui a quitté Saint-Étienne pour devenir directeur diocésain de l'enseignement catholique dans le Tarn.

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Crédit photo : Olivier Chassignole / AFP