Dans une séquence de toute évidence indigne d'un chef d'État, Donald Trump s'est livré en public à une nouvelle tirade transphobe, illustrée cette fois par une pantomime grotesque.
"Ma femme me dit de ne pas faire ça, elle me dit que ce n'est tellement pas présidentiel (...) eh bien je suis le président !" Pendant un discours, filmé, ce mardi 6 janvier lors d'une réunion avec les élus du Parti républicain à la Chambre des représentants, Donald Trump s'est livré à un show transphobe destiné à tourner en ridicule les athlètes trans. Sauf que Melania a raison : dans cette séquence indigne de son statut, le président américain s'est surtout couvert lui-même de ridicule par ses grimaces qui font le tour de monde…
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Donald Trump commence par reprocher à Nicolas Maduro, le président du Venezuela qu'il a fait enlever par l'armée américaine dans la nuit du 2 au 3 janvier, d'avoir imité lors d'un meeting électoral ses fameux pas de danse sur l'air de "YMCA", des Village People. Un agacement qui aurait même, avance le New York Times, joué dans sa décision de lancer l'opération. "C'est un homme violent. Il se montre et il essaie un peu d'imiter ma danse", pointe le chef d'État, avant d'évoquer les reproches de sa femme : "Elle déteste quand je danse. Je lui réponds que tout le monde veut que je danse. (...) Elle me dit 'Chéri, quand tu imites les haltérophiles, c'est épouvantable'."
Donald Trump en mode gooner
Et le président américain de se lancer dans une de ces séquences abhorrées par son épouse, destinée cette fois-ci à tourner en ridicule la présente d'athlètes trans dans le sport féminin. Le président en exercice singe d'abord l'effort d'une haltérophile cis qui peinerait à soulever sa barre, avant d'imiter l'arrivée d'une athlète trans qui, elle, soulèverait le même poids sans effort. Ahanant, gémissant, la langue sortie, Donald Trump paraît s'enfoncer dans une séance de gooning quand il se gorge de sa passion transphobe. Et de conclure sous les rires d'une assemblée acquise : "C'est dingue !"
Sur X (Twitter), Riley Marie Gaines, ancienne nageuse de compétition américaine qui a son émission sur la chaîne trumpiste Fox News, applaudit de tout son être en partageant la vidéo de la séquence (ci-dessous) : "L'imitation par Trump d'une haltérophile transgenre. Non, je ne regrette pas mon vote. C'est parfait."
Trump's imitation of a trans weightlifter.
No, I don't regret my vote. This is perfect. pic.twitter.com/i3GjOEw1C8
— Riley Gaines (@Riley_Gaines_) January 6, 2026
Une stratégie électorale
La transphobie de Donald Trump avance depuis longtemps à visage découvert. Elle a même été un axe important de la campagne pour sa réélection, avant qu'il ne passe des paroles aux actes une fois réinstallé à la Maison-Blanche. Après avoir signé plusieurs décrets transphobes dès le jour de son investiture, Donald Trump a inlassablement poursuivi cette bataille depuis un an, notamment par un décret qui menace de priver de fonds fédéraux toute école ou institution permettant aux filles transgenres de jouer dans des équipes féminines.
Quant à la méthode du show trumpien, elle est justement l'objet du dernier essai du journaliste Philippe Corbé, Armes de destruction massive, paru ce mercredi chez Grasset. L'ancien correspondant aux États-Unis y analyse comment ce président, qui s'est fait connaître par la télévision, use et abuse du potentiel électoral qu'offre le divertissement dans nos sociétés du spectacle. "Il sait mieux que personne comment capter et détourner notre attention. Avec lui, c’est le show permanent", résume-t-il auprès de têtu·. Dans un extrait du livre publié sur le site de têtu·, il explique aussi pourquoi la transphobie a été utilisée dans le cadre de cette stratégie. Alors que 2026 est une année électorale aux États-Unis, avec les élections de mi-mandat prévues en novembre, nous n'en sommes donc pas au bout de nos peines.
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Crédit photo : Mandel Ngan / AFP