États-UnisStonewall perd son drapeau arc-en-ciel à cause de Trump

Par Tessa Lanney le 11/02/2026
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En raison d'un oukaze de l'administration Trump, le drapeau arc-en-ciel a été retiré du monument commémoratif à la révolte queer mère de nos Prides, celle du bar Stonewall Inn, à New York, en 1969.

Un lieu emblématique de l’histoire queer se retrouve dépourvu de son drapeau arc-en-ciel. Ce mardi 10 février, la communauté queer de new York a été bouleversée d’apprendre le retrait du LGBT du monument national de Stonewall. La conséquence d'un mémo, daté du 21 janvier, émanant du Service des parcs nationaux, l’agence fédérale chargée de la gestion de ce site classé situé à Manhattan, qui interdit le déploiement de tout drapeau autre que la bannière étoilée américaine et les insignes du ministère.

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Le monument national de Stonewall commémore les émeutes de 1969, déclenchées par une descente policière dans ce bar gay de Greenwich Village. Les affrontements de six jours qui sont suivi sont considérés comme un événement fondateur du mouvement LGBT+ aux États-Unis. Protégé depuis 2016, il comprend le Stonewall Inn, un parc et plusieurs rues environnantes. Au-delà du symbole matériel, l’affaire touche à la mémoire et à la reconnaissance institutionnelle du combat historique d'une minorité contre la répression et les discriminations.

Une tentative d'effacement

Les réactions d'indignation ne se sont pas fait attendre. Le maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, s’est dit "indigné" par le retrait du drapeau. "New York est le berceau du mouvement moderne pour les droits LGBT+, et aucun acte d'effacement ne changera jamais, ni ne fera taire, cette histoire", a-t-il écrit sur X. Mardi soir, une centaine de manifestants se sont rassemblés dans le parc face au Stonewall Inn. L'AFP cite également Jade Runk, militante trans de 37 ans. "Retirer quelque chose qui a tant de sens pour nous et pour notre communauté devant un site historique comme celui-ci est tout simplement une gifle. C'est un message qui dit 'nous ne voulons pas que vous existiez'", a-t-elle déclaré. " L'archiviste de l'histoire gay, Aleksander Douglas, 29 ans, dénonce quant à lui une tentative "d'effacer une minorité", "un comportement tout simplement inadmissible de la part d'un gouvernement autocratique"

Les associations de défense contre les discriminations ont également réagi : "Les valeurs d'inclusion et de liberté incarnées par le drapeau des fiertés ne peuvent pas être effacées", affirme un porte-parole de la GLAAD, association américaine de veille médiatique sur les sujets LGBT auprès de l’AFP. Brandon Wolf, attaché de presse de la Human Rights Campaign, a critiqué dans un communiqué l’acharnement de l’administration Trump "à tenter d'étouffer la joie et la fierté que les Américains éprouvent pour leurs communautés". Sollicité par l’AFP, le Service des parcs nationaux n’a pas donné suite.

Ce retrait survient dans un contexte états-unien particulièrement hostile aux personnes LGBT+ et à leurs symboles. Interrogé en septembre par un journaliste d'extrême droite, Donald Trump avait répondu qu'il n’aurait "aucun problème" à voir des drapeaux arc-en-ciel retirés de propriétés privées dans la capitale fédérale, Washington. Il observait toutefois d'une qu'une interdiction serait contraire à la liberté d'expression.

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Crédit photo : AFP