transphobie“50 points de suture” : une femme trans agressée à Montpellier

Par Romain Siraut le 17/08/2026
Hotel de Police de Montpellier

Jeudi 13 août à Montpellier, une jeune femme transgenre de 22 ans a été victime d’une tentative de viol suivie d’une agression aux tessons. Présentant une centaine de plaies, elle a été hospitalisée.

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Elle était venue observer les tags et graffitis qui recouvrent les murs du tunnel le long des quais du Verdanson, un chenal aménagé au nord-est du centre-ville de Montpellier. Elle en est ressortie bardée d’une centaine d’entailles. Jeudi 13 août, vers 17h30, une femme transgenre de 22 ans, dont l’identité n’a pas été révélée, a été agressée par deux hommes. "Ils auraient d’abord pratiqué des attouchements sur elle, puis tenté de la violer", rapporte à têtu· la police nationale de Montpellier. 

Selon les premiers éléments de l’enquête, les violences auraient redoublé lorsque les deux hommes ont compris qu’ils avaient affaire à une femme trans. Des insultes auraient été proférées puis les agresseurs l’auraient attaquée. "Ils lui auraient lacéré le corps à de multiples reprises avec des tessons de bouteille avant de prendre la fuite, la laissant en sang", poursuit la police.

Grièvement blessée, la jeune femme serait parvenue malgré tout à rejoindre la voie publique, jusqu’à l’angle des rues Boussairolles et de l’avenue Saint-Charles. Des passants l’ont découverte couverte de sang et ont alerté les secours. Transportée au CHU Lapeyronie par les pompiers, elle a pu être prise en charge.

Des blessures sur tout le corps et une enquête ouverte

À son arrivée à l’hopital, la Montpelliéraine, dont le pronostic vital n’était pas engagé, présentait des plaies sur l’ensemble du corps, principalement aux bras et aux jambes, mais également au visage. Une centaine d’entailles ont été constatées, nécessitant une cinquantaine de points de suture. La jeune femme a pu renter chez elle après deux jours d’hospitalisation. 

Elle a depuis déposé plainte. Une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver les deux agresseurs et de déterminer précisément les circonstances de l’agression. Les policiers comptent notamment sur les images des caméras de vidéosurveillance installées dans le secteur. "Le lieu n’est pas connu pour être particulièrement sensible", précise la police nationale. Les images sont actuellement examinées.  À ce stade, aucune interpellation n’a été annoncée. Le caractère transphobe des violences, s’il est évoqué par la victime dans son récit aux enquêteurs, devra être établi au cours des investigations. 

Les associations LGBT+ indignées

L’agression a suscité l’indignation des associations LGBTQI+. Dans un communiqué, Stop Homophobie, qui apporte son soutien à la victime, a appelé à prendre la mesure de la violence des faits : "Quelles que soient les qualifications qui seront finalement retenues par la justice, l’ampleur des blessures constatées est considérable". Elle souligne également "que cette affaire rappelle la nécessité d’une protection et d’un accompagnement adaptés pour les personnes transgenres victimes de violences". De son côté, l'association Fiertés Citoyennes qui milite pour la défense des valeurs républicaines, universalistes et laïques a dénoncé dans un tweet "l’horreur" de l’agression et a adressé son soutien à la victime.

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Crédit photo : Sylvain Thomas - AFP