sportDes tests génétiques pour exclure les femmes trans du sport féminin aux JO

Par Nicolas Scheffer le 26/03/2026

Le Comité international olympique (CIO) a annoncé sa nouvelle politique concernant les critères d'admission dans les catégories féminines des Jeux, toutes désormais interdites aux femmes transgenres. Pour prouver leur sexe biologique, les athlètes devront produire un test génétique.

Aucune femme trans ne pourra prendre part aux compétitions féminines des JO de Los Angeles, et ce ne sera pas uniquement à cause de Donald Trump. Le Comité international olympique (CIO) a annoncé ce jeudi 26 mars "une nouvelle politique sur la protection de la catégorie féminine dans le sport olympique", laquelle se résume en deux points : les femmes transgenres en sont exclues, et toutes les athlètes devront produire un dépistage attestant leur sexe biologique. Ces nouvelles règles, précise l'institution, entreront en vigueur "dès les Jeux olympiques de LA28".

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Depuis 2021, le CIO déléguait aux fédérations internationales de chaque discipline le soin de déterminer les conditions d’accès aux compétitions de sport féminin. Mais face aux polémiques récurrentes, un groupe de travail a été chargé "d’examiner les évolutions scientifiques, médicales et juridiques réalisées depuis 2021". Conclusion livrée par Kirsty Leigh Coventry, championne olympique zimbabwéenne de natation et première femme élue à la présidence du CIO en juin 2025 : "Les preuves scientifiques sont très claires. Les chromosomes masculins confèrent des avantages en termes de performances dans les sports qui supposent la force, l'endurance ou la puissance."

Un test obligatoire pour les femmes

"Toute épreuve féminine (...) est désormais réservée aux seules personnes de sexe biologique féminin", a donc tranché la direction du CIO. Pour faire la police entre les athlètes, l'organisation des Jeux a décidé de "tester la présence du gène SRY, un segment de l'ADN presque toujours présent sur le chromosome Y", le marqueur chromosomique du masculin biologique. Un dépistage "peu intrusif", assure l'institution dans le document de 13 pages détaillant sa nouvelle politique, car il se fait "par prélèvement salivaire, buccal ou sanguin" et "ne devra être réalisé qu'une seule fois dans la vie de l’athlète".

Le CIO a déjà eu recours, de 1968 à 1996, à des tests chromosomiques censés empêcher des hommes de se faire passer pour des femmes. Ceux-ci avait été abandonnés après les Jeux d'Atlanta, aux États-Unis, où huit athlètes s'étaient vues disqualifiées puis réhabilitées en raison de ce dépistage déjà contesté par des scientifiques.

Opposition de la France

La France, par la voix de la ministre des Sports, Marina Ferrari, a exprimé sa "grande préoccupation" après l'annonce du CIO, déplorant "un retour en arrière" ainsi qu'une "approche réductrice et potentiellement
stigmatisante"
de la féminité. "Nous nous opposons à une généralisation de tests génétiques qui soulève de nombreuses questions éthiques, juridiques et médicales", a déclaré la ministre, annonçant la mise en place d'un "observatoire national (...) destiné à formuler des recommandations pour garantir un sport à la fois équitable, inclusif et respectueux des droits humains".

Conscient que des pays comme la France interdisent pour des raisons bioéthiques le test SRY, le CIO a pensé à tout, invitant les sportives au voyages : "Les athlètes vivant dans des pays où il n’est pas autorisé peuvent légalement se faire dépister ailleurs." En cas de test positif, le CIO propose encore deux possibilités aux athlètes concernées : s'inscrire en catégorie masculine, ou dans "tout sport ne classifiant pas les athlètes par sexe". Il n'y en a qu'un seul aux Jeux olympiques d'été : l'équitation.

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