mondeÉtats-Unis : la Cour suprême autorise les "thérapies" de conversion pour les mineurs

Par Nicolas Scheffer le 01/04/2026

Les neuf juges de la Cour suprême des États-Unis se sont prononcés sur une loi du Colorado interdisant aux professionnels de santé mentale les "thérapies" de conversion visant des mineurs LGBT.

Aux États-Unis, il est constitutionnel de barrer l'accès des mineurs transgenres à un traitement médical, mais inconstitutionnel de bannir les "thérapies" prétendant guérir les jeunes LGBT. La Cour suprême du pays a ainsi invalidé une loi du Colorado interdisant aux professionnels de santé mentale toute "thérapie" visant à modifier l'orientation sexuelle ou de genre d'un·e patient·e de moins de 18 ans. L'arrêt, rendu ce 31 mars, donne raison à une thérapeute qui contestait cette loi, votée en 2019, invalidant au passage des législations similaires dans quelque vingt États américains.

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Sans surprise, la plaignante est une citoyenne chrétienne du Colorado, Kaley Chiles. Le code de la santé mentale de l'État prévoyait déjà une exception pour "toute personne exerçant une activité pastorale", l'interdiction des "thérapies" de conversion s'appliquant uniquement aux psychiatres, psychologues ou thérapeutes agréés. Mais Kaley Chiles est par ailleurs titulaire d'un diplôme en santé mentale, et exerce comme conseillère professionnelle agréée. C'est à ce titre que les six juges conservateurs de la Cour suprême, mais aussi deux des trois progressistes, lui ont donné raison sur la base du premier amendement de la Constitution des États-Unis, lequel protège la liberté d'expression. "Le Colorado peut juger cette interdiction indispensable à la santé et à la sécurité. Mais le premier amendement se dresse comme un bouclier contre tout effort d'imposer une orthodoxie de pensée ou de parole dans ce pays", justifie ainsi le juge Neil Gorsuch.

Les dossiers LGBT de la Cour suprême

Toujours sans surprise, la position de la plaignante était soutenue par l'administration de Donald Trump. Seule la juge progressiste Ketanji Brown Jackson a fait état de son opposition à la décision de ses pairs. Cet arrêt, écrit-elle dans l'exposé de ses motifs, "étend de manière irrationnelle les pouvoirs de la Constitution dans des territoires inexplorés. Cela va engendrer de graves risques pour la santé et le bien-être des Américains". Pendant l'audition, l'avocat général du Colorado, un État démocrate, a fait valoir qu'une telle décision ouvre en effet la porte à une dérégulation dangereuse des professions de santé mentale.

En juin 2025, la Cour suprême avait au contraire jugé conforme une loi, votée en 2023 dans l'État du Tennessee, barrant l'accès des mineurs trans à des traitements médicaux, y compris aux bloqueurs de puberté. Les associations LGBT américaines attendent donc avec inquiétude les arrêts attendus de ses neuf juges sur d'autres dossiers cruciaux, comme le mariage homo ou l'accès des femmes transgenres aux catégories féminines des compétitions de sport.

De notre côté de l'Atlantique, l'Europe s'apprête quant à elle à interdire globalement les "thérapies" de conversion. Après qu'une pétition en ce sens a recueilli plus d'un million de signatures, la Commission européenne est tenue de lui apporter une réponse. Hadja Lahbib, commissaire européenne à l'Égalité, a apporté son soutien à ceux qui "s'élèvent contre ces pratiques qui sont honteuses", et plusieurs groupes au Parlement européen soutiennent l'interdiction.

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Crédit photo : Wikimedia commons

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