Au premier regard, les résultats du nouveau sondage Ipsos BVA sur la situation des personnes LGBT+ en France, réalisé pour la Fondation Le Refuge, ont de quoi rassurer. Les Français montrent leur volonté majoritaire d'une meilleure inclusion des minorités sexuelles. Mais dès que l'on évoque la transidentité, les niveaux d'acceptation chutent, et même reculent par rapport à l'an dernier.
L'acceptation des minorités sexuelles continue de progresser dans l'opinion française. C'est ce que montre la sixième édition du baromètre Ipsos BVA sur la situation des personnes LGBT+ en France, réalisé pour la Fondation Le Refuge, qui accueille et héberge des jeunes LGBT rejetés par leurs parents (également actionnaire de têtu·). Dans cette enquête, 63% des personnes interrogées déclarent qu'elles réagiraient positivement si leur enfant était homosexuel. De même que 83% affirment ne pas comprendre qu'un parent puisse rejeter leur enfant LGBT+. ”Les Français sont relativement conscients des difficultés vécues par les jeunes LGBT+, souligne l'étude, notamment avec leur famille, dans la recherche d’emploi ou dans leurs relations sociales en général.” Une évolution favorable qui ne se retrouve toutefois pas pour toutes les minorités sexuelles et de genre.
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La transidentité constitue la principale ligne de fracture. Ainsi, seuls 37% des Français déclarent qu'ils réagiraient positivement si leur enfant était transgenre, quand 41% reconnaissent qu’ils réagiraient mal. Plus préoccupant encore, l'acceptation continue de s'éroder : en un an, ce taux a reculé de quatre points. Édouard Jouannault Taylor, directeur de la communication de la Fondation Le Refuge, observe que ces chiffres “ne sont pas nouveaux” mais s'inquiète de leur évolution : “Cette baisse de l'acceptation démontre une incompréhension globalisée de la transidentité. Ce rejet traduit aussi l'effet d'une campagne politique anti-trans qui persiste et finit par trouver écho chez certains.” De fait, si une immense majorité des Français condamne le rejet d'un enfant LGBT, 41% disent comprendre que des parents s'opposent à la transition de genre de leur enfant. Aucun autre sujet abordé dans l'enquête ne produit un tel clivage.
Consensus pour une école plus inclusive
Les résultats du sondage redonnent de l'optimisme sur le terrain scolaire. “Les Français s'expriment majoritairement en faveur d'une sensibilisation accrue aux LGBTphobies auprès de la jeunesse et en milieu scolaire”, rapporte l'étude. Ils sont à 78% favorables à l'éducation à la vie sexuelle et affective, 70% à considérer que l'école doit sensibiliser les jeunes contre les LGBTphobies, et 61% pour que ce travail d'éducation soit fait “dès le plus jeune âge”. Des données qu'Édouard Jouannault Taylor lit comme un encouragement à poursuivre le travail : “Depuis un an, nous avons multiplié par deux nos sensibilisations dans les écoles. Nous avons touché plus de 11.000 élèves. Les résultats de ce sondage doivent nous pousser à continuer la pédagogie.”
Dans le même temps, huit Français sur dix souhaitent que les auteurs de violences LGBTphobes soient davantage sanctionnés en milieu scolaire et 62% estiment que les enseignants devraient être plus impliqués sur le sujet. “Il faut maintenant le mettre en place, rappelle Édouard Jouannault Taylor. C'est important de le vouloir, on se réjouit de la transformation des mentalités, mais cela doit se traduire par des moyens pour une mise en place effective." Concernant les questions de genre, l'éducation aux identités (différence entre sexe biologique et genre, non-binarité…) recueille 70% d'opinions favorables, et l'évocation des parcours de transition une majorité plus faible mais nette, de 54%.
Autrement dit, malgré les polémiques récurrentes entretenues par le lobby réac, une majorité de Français considère que l'école a un rôle à jouer dans la lutte contre les LGBTphobies et dans l'accompagnement des jeunes concernés. Le baromètre révèle toutefois une autre réalité : à force d'occuper le débat public, les campagnes politiques et la désinformation visant les personnes trans semblent produire leurs effets. Alors que l'acceptation des personnes homosexuelles et bisexuelles continue de progresser, la transidentité demeure la seule dont l'acceptation recule.
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