Frissons, suspense, amours, secrets… Voici une sélection de livres LGBT+ à savourer sur la plage ou durant les nuits d'été caniculaires.
Par Laure Dasinieres et Tessa Lanney
Réconfortant
L’auteur du très beau N’essuie jamais de larmes sans gants revient avec ce roman qui raconte, avec de nombreuses références aux contes de fées, l’éveil gay et la force de la communauté des années 1970 face aux abus et aux traumas. Souvent dur, parfois cru, mais singulièrement touchant et consolateur.
La Fête des folles, de Jonas Gardell. Éditions Actes Sud.
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Fort
La résilience prend souvent le chemin de l’écriture. Victime d’inceste par son frère, Cyriel est encouragé par sa psy à faire sauter les derniers verrous afin de se réapproprier son histoire… Un récit intense, soutenu par une prose contemporaine, et qui porte aussi une réflexion sur la bisexualité.
J’avais les nuits et toujours trop de pardons, de Cyriel Bleu. Éditions Double Ponctuation.
Passionnel
Dans un Arles baigné de soleil, en plein festival de la photographie, trois hommes, trois solitudes, trois folies, s’aiment, se séparent, se déchirent. Un court roman habile sur l’attachement, le pouvoir et la mise en scène de soi.
Amour à Arles – Trois folies, de Thomas Louis. Éditions Reconnaissance.
Sensible
Roman d’amour gay, récit d’apprentissage, fable sur la beauté des liens tissés dès l’enfance… Lucien Fradin, dont nous avions beaucoup aimé Midi-Minuit Sauna, livre un récit magnifique et attachant servi par un rythme fluide et une langue intime. À lire d’une traite, sourire aux lèvres et larme à l’œil.
Vert tendre, de Lucien Fradin. Éditions Les Venterniers.
Solaire
Ce 25ᵉ roman de l’auteur d’Arrête avec tes mensonges s’en va gratter, sous le soleil de Toscane, des secrets familiaux enfouis et le tabou de l’homosexualité dans les années 1960. Un récit solaire et émouvant, à lire à l’heure du pisolino.
Une pension en Italie, de Philippe Besson. Éditions Julliard.
Mystérieux
Roman nocturne hanté, Le Visage de la nuit suit, dans un passé incertain, un jeune garçon défiguré par une maladie et élevé par le prêtre du village. Un récit poétique, intrigant et sensoriel, qui dit la violence des hommes face aux anomalies physiques considérées comme des monstruosités.
Le Visage de la nuit, de Cécile Coulon. Éditions L’Iconoclaste.
Dévorant
Sous couvert d’un triangle amoureux en clinique psychiatrique, cette autofiction à la prose féroce narre la réinvention obsessive d’un jeune homme sur la corde raide, fuyant son passé. Le premier roman d’un ancien collaborateur de têtu· dont on retrouve ici le talent.
L’Arène intérieure, d’Ulysse Josselin. Éditions Philippe Rey.
Libérateur
Fils homo d’un ancien membre du service de renseignement intérieur israélien qui fut garde du corps de Moshe Dayan et Golda Meir, le poète et essayiste Dory Manor part sur les traces du passé familial après la mort de son paternel. Un livre de deuil et d’histoire, passionnant et porté par une langue superbe.
Le Gorille, de Dory Manor. Éditions Grasset.
Haletant
Thriller psychologique prenant et plein de rebondissements, La Gardienne parle avec brio de violence, d'emprise psychologique et de domination masculine et fait la part belle à des héroïnes féminines complexes. Évoquant parfois Millenium de Stieg Larsson, c'est un livre à dévorer d'une traite.
La Gardienne, de Sonja Delzongle. Éditions Fleuve Noir.
Indiscipliné
Et si Jack Kerouac avait été une lesbienne juive dans le New York des années 1980 ? Avec Girls, Visions and Everything, Sarah Schulman détourne l'imaginaire beatnik pour suivre Lila Futuransky, artiste fauchée qui traverse les amours, enchaîne les amantes, les amitiés et les nuits de l'East Village sans jamais chercher à en faire un personnage exemplaire. Un texte drôlement insolent.
Girls, Visions and Everything, de Sarah Schulman. Éditions Héloïse d'Ormesson-Queer Ardent·E
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