musiqueAloïse Sauvage pour "La Foudre" : "Cet album raconte une reconquête de soi"

Par Tessa Lanney le 23/10/2026
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Quatre ans après Sauvage, Aloïse Sauvage revient avec La Foudre, dans les bacs ce 23 octobre. Elle nous parle de ce disque où la rupture amoureuse est le point de départ d’un retour à soi.

Place à la liberté ! Pour son troisième album – le premier enregistré sur un label indépendant – , Aloïse Sauvage a repris les commandes, épaulée par le producteur Mathieu Epaillard. Entre productions électroniques, influences hip-hop et confessions sentimentales, la chanteuse, danseuse et comédienne explore les mille façons de se relever après une séparation. Un disque charnel et insolent, où il est autant question d’amour que d’affirmation de soi.

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Quatre ans se sont écoulés entre Sauvage et La Foudre. Dans quel état d’esprit étais-tu lorsque tu as commencé à travailler sur ce nouvel album ?

En 2023, je terminais ma tournée, et je venais de mettre fin à mon aventure avec Universal. Il me fallait du renouveau ! Au même moment, je traversais une rupture amoureuse. Je me sentais lessivée et j’ai décidé de quitter Paris et d’aborder la création autrement. Au début, j’étais mutique, je refusais de mettre des mots sur ce que je ressentais et puis une fois le processus créatif lancé, je ne pouvais plus parler que de cette rupture.

Pourquoi avoir choisi "La Foudre" comme titre de l’album ?

Je fais bien sûr référence au coup de foudre, mais pas que. Au début de l’album, la foudre représente la violence de la rupture. En une seconde, tout un paysage peut disparaître. Au fil des morceaux, cette énergie se transforme. La foudre n’est plus un coup implacable que je subis :  je choisis de transformer cette douleur en une force. Je dédie l’album à toutes les personnes qui ont transformé ce qui les frappe en une force qui les éclaire.

C’est rare de t’entendre autant parler d’amour. Pourquoi ce choix ?

J’avais besoin de parler d’amour, mais j’avais peur que ce soit superficiel par rapport à mes chansons habitueles, plus tournées vers des sujets de société. Toute l’énergie de cet album raconte une reconquête de soi. Au détour de ce thème, j’en ai profité pour aborder des thèmes qui me sont chers : la recherche de liberté, les questionnements identitaires, le genre, l’affirmation de soi.

La rupture concerne aussi celle avec ton label. Qu’est-ce que ça change de quitter une major pour devenir indépendante ?

Tout ! Être indépendante, ça m’a permis de suivre mon instinct de A à Z, de prendre des risques. J’étais libre de bosser à mon rythme et de m’écouter artistiquement. Je suis certaine que La Foudre n’aurait pas existé sous cette forme autrement. Pour autant, je mesure le privilège d’avoir travaillé avec une major à mes débuts : cela m'a permis de produire ma musique, de réaliser mes premiers clips, etc. alors que je n’avais aucune trésorerie.

Qu’est-ce qui a changé en quatre ans dans ta façon de concevoir ta musique ?

J’avais l’habitude d’écrire des chansons thématiques. Un hymne ici, quelque chose de plus sensuel là… C’était presque scolaire dans mon approche intellectuelle. Avec cet album, j'ai fait exploser les limites que je m’imposais. Je creuse davantage les émotions, les sensations. J’ai co-composé tout l’album avec Mathieu Epaillard, le James Blake nantais. Dans "Ailleurs Higher", mon premier titre, j'essayais déjà d'accomplir cette rencontre entre musique électronique et scansion, avec un flow empreint de mes références hip-hop et rap. Cette fois, j’ai l’impression que j'ai réussi.

Entre tes deux albums, tu as aussi accumulé de l’expérience au cinéma, notamment en tant que premier rôle dans Miss Mermaid, sorti en juillet dernier. Comment ça se traduit dans tes clips ?

J’ai fait appel à Marie McCourt, une réalisatrice qui travaille aussi bien dans la fiction que dans le documentaire. Je voulais son regard naturaliste. On a utilisé un petit caméscope et accumulé les rushs pour obtenir ce rapport brut, sans artifices. Et puis il y a toujours le corps comme pilier de ma création. Dans le clip de "Tomboy", on retrouve la petite fille que j’étais, au skatepark, dans le break, toujours entourée de garçons et en mouvement. Dans "Antidote", ce sont les peaux et la transpiration qui transparaissent. J’ai tellement hâte de défendre ce projet sur scène ! Je joue à La Cigale le 3 février 2027, ça va envoyer !

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Crédits photo : Augustin Granger