USA : la génération Z n'est pas si straight
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USA : la génération Z n'est pas si straight


D’après une étude américaine, la majorité des jeunes ne se considèrent plus comme strictement hétérosexuels, ni assignés aux catégories de genre.

La « génération Z », celle qui regroupe les individus nés à partir de 1995, serait bien plus queer que ses ainées. C’est en tout ce que révèle une étude américaine menée par le J. Walter Thompson Innovation Group sur de jeunes américains âgés de 13 à 20 ans.

L’opposition homo-hétéro qui s’étiole

Cette étude demandait notamment aux individus de se définir sur une échelle allant de zéro à six, où le chiffre zéro désigne une stricte hétérosexualité, et le chiffre six, une stricte homosexualité.

Cette question avait déjà été posée dans les années 1950 par le sociologue américain Alfred Kinsey. Ses résultats lui avaient permit d’établir dès 1953 que, contrairement à l’apparente opposition entre homosexualité et hétérosexualité, la gamme des orientations sexuelles dessinait davantage un continuum qu’une franche séparation entre homos et hétéros. Une approche confirmée aujourd’hui chez les plus jeunes.

En effet, d’après l’étude menée par le J. Walter Thompson Innovation Group, seuls 48% des 13-20 ans se considèrent comme « exclusivement hétérosexuel » ; ils sont 65% pour la tranche des 21-34 ans.

En outre, ils sont plus d’un tiers parmi la Gen Z à se positionner entre les chiffres 1 et 5, c’est-à-dire qu’ils ne se définissent pas comme strictement homosexuel ni comme strictement hétérosexuel, contre un quart chez la génération précédente.

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La fin d’une binarité de genre

Les jeunes âgés de 13 à 20 ans sont également plus d’un tiers à admettre que l’identité de genre ne définit plus autant les individus comme c’était le cas auparavant. Leurs aînés, quant à eux, ne sont que 28% à partager cette opinion.

Les adolescents sont également plus nombreux (plus de la majorité même), à connaître, dans leur entourage, des individus qui se définissent par des pronoms neutres comme « they » , « them » ou « ze » ; un phénomène qui ne peux pas trouver de comparaison en France.

Par ailleurs, alors qu’une majorité des jeunes adultes achètent des vêtements conçus pour leur identité de genre, seuls 44% des adolescents respectent cette dichotomie.

Enfin, si l’idée de créer des salles de bains et toilettes neutres est largement acquise par la majorité des 15-35 ans, les plus jeunes sont de nouveau plus nombreux à y être favorables, à 70%, contre 54% des 21-35 ans.

Vers plus d’égalité ?

La jeune génération, baignée dans les souvenirs de la libération sexuelle, accompagnée par la progressive égalisation des droits formels entre hétéros et homos, et alimentée par les études sur le genre (ou gender studies portées par l’incontournable Judith Butler aux Etats-Unis) semble donc transcender les catégories de genre et d’orientation sexuelle, et proposer un modèle plus queer pour les années à venir.

Qu’il s’agisse d’ouverture d’esprit ou de simple insouciance, la génération Z américaine ouvre la voie vers ce qui ressemble à plus d’égalité. Pour Shepherd Laughlin, directeur trendspotting de J. Walter Thompson, ces jeunes pourraient d’ailleurs influencer positivement leurs ainés :

Ceux qui sont nés autour des années 2000 sont très ouverts en ce qui concerne l’identité de genre en général, mais ne sont pas exposés à la gamme de vocabulaire et de nuances que la génération Z a l’habitude d’utiliser (…). Je pense que les jeunes de la génération Z vont entrer sur le marché du travail et interagir davantage avec leurs ainés, ce qui apportera à ces derniers une meilleure compréhension des enjeux, et réduira les écarts.

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