Censure des affiches gays : l'idéologie au détriment de la prévention
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Censure des affiches gays : l'idéologie au détriment de la prévention


La polémique autour des affiches de prévention gay ne cesse d’enfler. Les maires Les Républicains d’Angers et d’Aulnay-sous-bois les ont censurées.

La dernière campagne de prévention au VIH de Santé Publique France (ex-INPES) – un organisme public rattaché au ministère de la Santé – suscite l’ire des milieux catholiques conservateurs et des défenseurs des « valeurs familiales traditionnelles ». La raison de cette colère ? Cette campagne qui cible les hommes homosexuels véhiculerait des concepts choquants auprès des enfants. On le voit bien, en France, tout ce qui touche à l’homosexualité devient un sujet ultra-sensible si ce n’est incendiaire. Et ceux qui s’offensent de la visibilisation de l’homosexualité dans l’espace public de mettre inlassablement en avant la « protection de l’enfance ». Pourtant, les associations et le ministère de la Santé le savent : pour lutter efficacement contre le VIH et les IST, il faut des campagnes qui ciblent les populations à risque. Les homos en font partie puisqu’ils ont 200 fois plus de risque de contamination que les hétéros.

Censure municipale

Dernière attaque à l’encontre des affiches de prévention au VIH, celles des maires LR d’Aulnay-sous-bois et d’Angers. Le premier, Bruno Beschizza, les a purement et simplement censurées via un arrêté municipal. De fait, aujourd’hui, toutes lesdites affiches ont été barrées d’un bandeau jaune sur lequel est inscrit « protégeons nos enfants » et citant l’arrêté précité. Contacté par TÊTU, la mairie n’a pas encore donné suite à nos demandes. Et d’aucuns de voir dans cette décision de l’homophobie déguisée à l’instar du député PS Daniel Golberg qui s’offusque sur Twitter du fait que : « Une affiche d’une femme embrassant un homme n’aurait pas déclenché cet arrêté. Cela porte un nom : l’homophobie « . Ou encore de Ian Brossat, adjoint PCF à la mairie de Paris, qui s’insurge contre une « Épidémie de connards moyennâgeux… ». En effet, nombreux sont ceux qui voient dans cette interdiction la volonté de céder aux sirènes du populisme, dans un contexte national où le sujet de l’homosexualité cristallise de fortes tensions, et ainsi de faire passer l’idéologie avant la prévention. En outre, la justification du maire d’Aulnay paraît pour le moins absconse :

Quand on met des messages subliminaux d’une aventure d’une nuit, d’accouplement sans parler d’amour de manière aussi lapidaire, sur un abribus sans contextualiser, j’imagine un enfant de cinq ans qui sans libre-arbitre peut avoir une certaine confusion dans l’esprit.

Le maire LR d’Angers, Christophe Béchu, s’est lui aussi indigné de cette campagne. En effet, TÊTU s’est entretenu avec Caroline Frel, l’adjointe municipale en charge de la famille et de la petite enfance, laquelle nous explique :

Nous ne sommes pas contre ces affiches de prévention. Ce qui nous choque, ce sont les messages plus que les photos, surtout aux abords des écoles. C’est pour cela que nous avons demandé à la société JCDecaux de les retirer dans ces périmètres.

Des parents ont été choqués qu’on puisse valoriser une sexualité débridée et d’opportunité devant l’école de leurs enfants. Dans un contexte sensible voire hystérique pour certains, le conseil municipal a pris la décision de jouer l’apaisement. Il ne faut y voir aucune forme d’homophobie ni d’opposition aux campagnes de prévention. D’ailleurs, lorsque que le maire était président du conseil général de Maine-et-Loire, il a participé à une campagne d’AIDES intitulée ‘Voteriez-vous pour moi si j’étais séropositif ?’.

Les associations s’indignent

Nous avons cherché mais malheureusement nous ne trouvons pas trace de Christophe Béchu dans cette campagne d’AIDES qui date de 2007. Nous avons interrogé Christian Andréo, le directeur général délégué de l’association AIDES. Pour lui, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une homophobie déguisée derrière une rhétorique bien huilée, ainsi que d’une attaque envers une évolution des mœurs jugée trop libertaire. En somme, d’un retour en arrière qui honnit notamment la sexualité hors mariage :

« Adultère », « protection de l’enfance »… sont autant d’éléments de langage pour ne pas aborder le problème que ces gens ont avec l’homosexualité dans l’espace public. Car ces affiches de prévention sont plutôt prudes et on voit des publicités bien plus choquantes, pour des voitures ou des parfums, dans lesquelles on pourrait discuter de la représentation des femmes par exemple. Bizarrement, dans ces cas là, on entend personne.

Cette campagne ne cherche pas à valoriser des comportement ou des pratiques mais s’intéresse à la réalité des situations. En outre, je ne pense pas que les hétéros soient tous mariés, qu’ils ne conçoivent la sexualité qu’à visée reproductive ou qu’ils soient exempts d’aventures extraconjugales. On assiste à une situation inédite : un renouveau de la vertu. Le programme est assez clair ainsi que le modèle de société qui en découlera…

Des recours contre ces décisions peuvent être envisagés mais risquent d’être longs. Les associations pensent à des moyens d’action plus immédiats sans donner plus de détails.

Crédit photo : Twitter 

 

Pour en savoir plus :





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  • AL1

    Pour comprendre la position du maire d’Aulnay-sous-Bois il suffit de lire sa biographie. Bien qu’encarté UMP puis LR, le parcours de ce sarkoziste convaincu le mènerait plutôt du coté de l’extrême droite conservatrice, nationaliste et traditionaliste religieusement… Quant à l’attitude du maire d’Angers, soutien d’Alain Juppé, elle tranche franchement avec celle du finaliste de la primaire à droite.
    Une chose est sûre, ces édiles-là sont homophobes, réellement ou pour satisfaire leur électorat. Il n’y a pas d’autres explications possibles et la Ministre de la Santé l’a bien compris en saisissant la Justice pour faire annuler leurs arrêtés municipaux.

  • Dylan Bézoteaux

    Franchement c’est le monde à l’envers. Ce sont les homophobes qui sont choqués par ces affiches alors que ce sont les gays eux même qui devrais l’être en tout cas je suis gay et je le suis quand je vois ces affiches à chaque arrêt de tram à Nantes. Non seulement elle stigmatise encore une fois les gays comme étant des personnes instables amoureusement mais en plus elles font passer le message qu’il n’y a que les homo qui peuvent attraper les sida et autres maladies sexuellement transmissibles. Pourquoi les hétéros n’ont-ils pas le droit eux aussi à leurs affiches comme celles-ci un peu partout ? Le fait de voir deux hommes s’embrasser est une bonne chose mais cette image devrait être utilisé pour une autre publicité ou une autre campagne.

    • Electre

      Tu comme toi je suis gay, mais là ou je suis choqué ce n’ai pas d’avoir deux personnes de genre visuellement masculin sur l’affiche, avec du recul et un peu de jujotte rien ne prouve leur sexe (à part un certificat du médecin) donc je suis plus choquer des gens qui refuse de prendre du recul et refuse de voir des personnes qui s’aiment sur ces affiches. Si on avait mis que des couple hétéros il n’y auraient eut aucune réflexion non plus et pourtant les trans aussi sont concernées donc au lieu de voir deux hommes à pénis, il est largement possible qu’il y ai sur une des affiches un homme à vagin. C’est peut-être idiot de prendre autant de recul mais si on remplace les deux humains par des robots ou d’autres animaux avec le même angle de vue… le résultat sera immédiatement hétéro

      • Dylan Bézoteaux

        Le message lui le prouve « le sexe entre homme » c’est bien ça qui me dérange car il n’y a pas que « le sexe entre homme » qui apporte des saloperies. Après les couples affichés sont très beaux

        • Electre

          le problème est le masculin inclusif en français, si on utilisait un pronom neutre « avec aon ami » par exemple, le problème n’existerait plus, change le message masculin en rajoutant le féminin et le message n’est plus inquiété par l’image (et encore c’est juste une seule affiche qui est vraiment concernée les autres si tu écris le message sur une page blanche il reste neutre

          • Dylan Bézoteaux

            Le soucis reste le même, l’association de l’image avec le texte, de l’homosexualité avec les maladie sexuellement transmissibles et la sexualité débridée et le soucis ne se pose pas seulement sur une des affiches mais sur toutes car : « le sexe entre hommes » apparaît sur les 4. Les adolescents hétérosexuels ne se sentirons pas concerné par cette campagne de PUB alors que chez les hétéros aussi le nombre de rapport non protégé augmentent et les hétéros aussi contracte le VIH. En résumé mauvaise campagne pour moi

        • Electre

          le problème est le masculin inclusif en français, si on utilisait un pronom neutre « avec aon ami » par exemple, le problème n’existerait plus, change le message masculin en rajoutant le féminin et le message n’est plus inquiété par l’image (et encore c’est juste une seule affiche qui est vraiment concernée les autres si tu écris le message sur une page blanche il reste neutre

  • Couak Vador

    Quand on passe des pubs avec des femmes à moitié nue léchant une montre au cinéma juste avant un film pour enfant, tout le monde trouve ça normal et pas choquant du tout (de même pour les abribus), mais quand il y a des affiche de prévention du VIH alors là c’est tout de suite indécent! Monde de fous!

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