5 conseils aux voyageurs gays
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5 conseils aux voyageurs gays


Voyager lorsqu’on est gay implique de bien se renseigner sur le pays d’arrivée et de suivre quelques conseils pour que votre séjour reste inoubliable.

Attention ! Cet article n’a pas vocation à vous faire tomber dans la psychose, à stigmatiser une destination et encore moins à sous-entendre que les gays voyagent différemment que les hétéros ou qu’il faut absolument « étaler » son orientation sexuelle à l’étranger. À ce sujet, chacun fait comme il veut. Cependant, à l’étranger, on peut être tenté d’agir comme à la maison avec son chéri (se tenir la main, s’embrasser…), même sans s’en rendre compte tant on est à l’aise avec soi-même et tant on a réussi à dépasser le regard des autres. Néanmoins, tous les pays n’ont pas le même rapport à l’homosexualité voire font montre d’homophobie. De fait, suivre ces quelques conseils vous permettra de partir en toute sécurité et de respecter les habitudes culturelles locales.

PDA

Public Display of Affection (PDA), pour démonstration d’affection en public. Il s’agit d’un concept que nous connaissons peu chez nous car nous sommes habitués à voir des gens (certes, surtout hétéros) se tenir la main ou s’embrasser. La France n’est-elle pas le pays de l’amour ? Or cette habitude culturelle n’est pas partagée partout. Les notions de pudeur, de sphère privée, le rapport au corps, les conventions sociales… varient d’une destinations à l’autre. Des pays d’Asie au pays anglo-saxons en passant par les pays nordiques, chacun à ses règles en la matière, et il convient de les connaître pour ne pas choquer inutilement vos hôtes voire pour éviter tout problème avec les autorités. Exemple : Dans certains pays musulmans, les hommes se donnent la main. C’est un signe d’affection et non d’homosexualité. À l’inverse, en Inde ou en Chine il est extrêmement mal vu de s’embrasser en public.

Homophobie

Car, au-delà de savoir si on peut ou non s’autoriser une certaine proximité avec son partenaire pendant ses vacances, il faut évidemment avoir à l’esprit que la question ne se pose même pas dans certains pays où l’homosexualité est pénalement réprimée et où l’homophobie d’État fait rage (72 pays dans le monde). D’où la question de savoir s’il faut bannir certaines destinations. Je me garderai bien d’y répondre. Chacun jugeant en fonction de son système de valeurs et de son attrait pour le pays. Néanmoins, refuser de visiter tel ou tel pays parce qu’il pratique une politique homophobe, c’est aussi associer toute une population à la politique de son pays et nier l’existence d’attraits socio-culturels et humains (progressisme, milieu underground…). Par exemple, un de mes amis a visité l’Iran pendant plusieurs semaines il y a deux ans, et il en garde un souvenir incroyable malgré la réputation du pays. À ses dires, c’est même, humainement, son plus beau voyage…

Drague ou prostitution ?

Seul ou en couple, vous pouvez avoir envie d’avoir des expériences en tout genre pendant vos vacances. Néanmoins, soyez vigilants ! Dans certains pays, les voyageurs (réputés riches puisqu’ils ont les moyens de venir en vacances sur place) sont parfois vus comme un moyen de se faire de l’argent, et pas seulement grâce à la vente de souvenirs. La prostitution existe partout et peut prendre des formes diverses. Pas besoin de s’enfermer dans un « bar à escorts » pour avoir de mauvaises surprises. Il suffit de rencontrer quelqu’un en soirée, de le ramener à l’hôtel et de se voir demander (souvent après l’acte, qui peut d’ailleurs être un simple massage) une rémunération, comme si c’était une évidence. La situation peut dégénérer si vous refusez. De fait, renseignez-vous bien avant de partir !

VIH/IST

Les pays connaissent des situations sanitaires différentes qu’il faut connaître pour s’amuser sans risque. Le VIH progresse encore malheureusement dans plusieurs pays, et pas uniquement chez ceux en voie de développement. Il existe aussi 11 pays qui interdisent l’entrée de leur territoire aux séropositifs. D’autres IST peuvent également être contractées à l’étranger, telles que la syphilis, les hépatites, l’herpès, les condylomes… En outre, lorsqu’on est en vacances, euphorisé par ce moment de détente, nos garde-fous peuvent sauter. On se sent bien, on a envie de s’amuser, de faire des rencontres, on est moins anxieux voire moins regardant…. Pour autant, les IST, elles, ne prennent pas de vacances. Se renseigner avant de partir c’est déjà se protéger.

P.S. : Pensez à emporter des préservatifs avec vous avant le départ car vous pourriez ne pas en trouver facilement sur place.

Allô, je suis gay !

« Non mais ça va pas ! Je ne vais quand même pas dire que je suis gay quand je fais une résa’ ! ». Bien sûr, vous n’avez pas à faire votre coming-out à chaque fois que vous voulez réserver une chambre d’hôtel à Cracovie ou un bungalow à Honolulu. Cependant, sachez que par habitude (ou homophobie ?), certains professionnels mettrons deux garçons dans des lits jumeaux plutôt que dans un lit king size. Le plus simple est d’annoncer directement la couleur; soyez fier de qui vous êtes. En outre, vous éviterez de mauvaises surprises à l’arrivée en sachant par avance où vous mettez les pieds. Rien de pire que de tomber sur un réceptionniste suspicieux ou qui trouve l’homosexualité « contre naturhaaan ». Airbnb demande par exemple aux hébergeurs de signer une charte anti-discrimination qui permet aux voyageurs de se retourner contre un hôte au comportement homophobe. Certes, ce n’est pas la panacée, mais la riposte a posteriori vaut mieux que l’impunité. Sinon, sachez qu’il existe aussi un équivalent gay à Airbnb : Misterbnb. Vous aurez peu de chance de tomber sur des individus homophobes. Par contre, votre logeur pourrait bien vous taper dans l’œil.

Le ministère des Affaires étrangères met régulièrement à jour ses « conseils aux voyageurs » pays par pays. Retrouvez-les ici.

  • Patrick Monteau

    Merci des conseils, j’ai 55 ans et suis un gay assumé depuis que j’ai 14 ans et je sors partout en privilégiant des endroits non communautaires car j’y ai vécu de passables expériences. En revanche et souvent dans des endroits  » no secure » et ouverts à tout le monde j’ai vécu de belles expériences et me suis fait des amis.

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