« Polichinelles », la websérie drôle et touchante sur l’homoparentalité

"Polichinelles", qui se présente comme la première série sur l'homoparentalité, est en ligne depuis le 17 mai sur YouTube. Elle aborde, avec justesse, le parcours de PMA "artisanale" d'un couple de lesbiennes. Les auteurs du projet en disent plus à TÊTU.

"Parler du désir d’enfant." C’est ce qui a motivé Sandra Parra et Armand Robin, créateurs de  la websérie "Polichinelles", dont la première saison est disponible sur YouTube depuis le 17 mai. Celle-ci met en scène, à travers six épisodes très courts, le quotidien de Salomé et Marion, un couple de lesbiennes souhaitant avoir un bébé. Et comment représenter ce désir d’enfant mieux qu’avec un couple homosexuel ? "Quel que soit le couple dont on parle, le désir va être le même", estime Sandra Parra, co-scénariste, qui incarne également Salomé dans la série, aux côtés de Magali Genoud, qui joue Marion. Mais elle ajoute : "Pour un couple homo, ce désir est d’autant plus fort qu’ils et elles sont face à des difficultés qu’on ne rencontre pas en tant qu’hétéros".

Pour le projet, le duo s’est entretenu avec plusieurs couples de femmes. "Ce qui nous a frappé.e.s au fur et à mesure, c’est que comme le hasard n’existe pas pour elles, il n’y a pas de place pour l’accident. Tous les choix sont forcément discutés 20 fois plus. En fait ce qui surprend, c’est l’intensité des réflexions. Parce que ce sont, en plus, des couples qui sont attendus au tournant par la société", met en avant Armand Robin, scénariste et réalisateur de la websérie.

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Crédit photo : Melocontonfilms.

Mise en avant de la PMA "artisanale"

Les épisodes, qui durent chacun en moyenne 3,30 minutes, nous plongent au coeur de la réflexion de Salomé et Marion, et de leurs démarches. A la fois très drôles, touchants, parfaitement incarnés et rythmés, ils abordent l’homoparentalité avec une grande fraîcheur et sans clichés. Mais sans toutefois éluder la complexité d’un tel parcours.

Crédit photo : Melocontonfilms.

Après moult hésitations, Salomé et Marion ont opté pour la PMA "artisanale", soit réalisée par elles-mêmes, avec le sperme d’un proche. Pas d’aperçu, dans cette saison 1, du calvaire des PMA à l’étranger pour les lesbiennes. Des allers-retours incessants en Espagne ou en Belgique, des injections d’hormones, des sommes exorbitantes parfois dépensées avant de, finalement, tomber enceinte. Mais ce n’est - peut-être - que partie remise, comme l’explique Armand Robin - en spoilant un peu la suite, qui verra le jour en fonction du succès de cette première saison. "On savait qu’on avait envie de traiter les deux : la PMA artisanale et la PMA médicale. Mais en fait, pour nous, le traitement de l’une n’était pas possible en premier. Et on avait envie de montrer tous les conflits et questionnements par rapport au rôle du donneur", confie-t-il à TÊTU.

"Polichinelles", mis en ligne à l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, tombe à pic, quelques mois avant les débats sur la révision de la loi bioéthique. Si celle-ci, qui devrait ouvrir la PMA aux couples de femmes, n’est pas encore reportée. Si c’est le cas, la réalisation d’une saison 2 de "Polichinelles" n’en sera que plus justifiée.

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Crédit photo : Melocontonfilms.


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