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Sônge : « La communauté LGBT+, c’est avec elle que je me sens le mieux »

Avec la toute fraîche réédition de son album Flavourite CÂLÂ, l'artiste quimpéroise creuse toujours davantage son univers. À l'approche de notre événement digital FIER.E.S ET TÊTU, on lui a passé un petit coup de fil.

L'an passé, Sônge régalait nos oreilles avec un album inaugural soigné et déroutant. Plus d'un an après, cette musicienne accomplie délivre Flavourite CÂLÂ Deluxe, une version améliorée et plus touffue de son premier disque, pleine de nouveaux morceaux qui invitent au voyage. Cette native de Quimper en région bretonne, Océane – c'est son nom à la ville – a baroudé et son escale en terres caribéennes aura laissé une marque indélébile sur ces titres.

Puisqu'elle fait partie du line-up musical de notre événement en ligne FIER.E.S ET TÊTU organisé ce samedi 27 juin, on a pris l'initiative d'appeler la principale intéressée. L'occasion idéale pour parler musique, forcément, mais aussi pour revenir sur son engagement infaillible envers la communauté queer qu'elle soutient ardemment depuis maintenant plusieurs années.

Tu as sorti une édition deluxe de ton album Flavourite CÂLÂ ce mois-ci. Comment définirais-tu les nouveaux titres de ce disque ?

Ah, c'est dur ! Je pense qu'ils sont assez différents. Certains sont beaucoup plus lumineux et d'autres beaucoup plus sombres par rapport au premier album. Par exemple, "Mon démon" raconte l'histoire d'une personne qui a un démon à l'intérieur d'elle. Le démon lui demande à manger mais uniquement du sale. Il ne se nourrit que de jalousie, de colère, d'alcool... La personne a un choix à faire : cesser d'alimenter son démon mais celui-ci la mangera de l'intérieur, ou continuer de le nourrir au risque de s'intoxiquer. Ça parle de quelque chose dont tu ne peux pas te défaire. Quelque chose de compulsif, qui fait presque partie de toi. Ça peut être une relation ou une habitude toxique. Enfin ça, c'est dans les teintes un peu plus foncées.

Après, il y a d'autres sons comme "Winer" ou "Cayenne" qui sont beaucoup plus dansants. Là, on est sur du turquoise plutôt. "Cayenne", c'est l'histoire d'un râteau monumental. Celle de quelqu'un qui prend un billet pour Tahiti, fait 24 heures d'avion, traverse le monde entier... pour au final se prendre le pire vent de sa vie. C'est une histoire vraie [rires].

Il y a cette idée de voyage dans ces nouveaux morceaux. J'ai cru comprendre qu'ils ont été composés ailleurs qu'en France ?

Carrément ! "Orly Tahiti", comme son nom l'indique, c'était dans l'avion entre Paris et Tahiti. Quand j'ai voyagé à Cuba, ça m'a pas mal influencée, surtout ce qui touche au folklore des Caraïbes. Les histoires locales, le reggaeton... tout ça, ça m'a beaucoup touchée. Ma musique a toujours navigué entre le hip-hop, l'électronique, le R'n'B, le dancehall... Le reggaeton était une continuité presque naturelle !

Tu faisais partie d'un collectif féminin et inclusif, Conspiration, avec lequel tu te produisais souvent devant un public queer. Tu as aussi participé à un concert en soutien à l'Ardhis, qui vient en aide aux réfugiés LGBT+. Cette proximité avec la communauté LGBT+, tu te l'expliques comment ?

C'est ma communauté, c'est avec elle que je me sens le mieux. Je me sens à l'aise partout mais c'est là où c'est le plus agréable pour moi. Ça a du sens pour moi. C'est le Pride Month en ce moment, on célèbre tout cet amour mais c'est aussi l'occasion d'avoir un peu plus d'espace dans les médias. Par rapport à l'homophobie, notamment. Si on peut faire une énorme fête, célébrer, être ensemble et en plus faire avancer les choses, alors faisons tout ça en même temps et c'est très cool.

Tu étais l'une des artistes présentes au concert de la Marche des Fiertés 2019, aux côtés de Bilal Hassani et Léonie Pernet. T'en gardes quel souvenir ?

Ça m'avait beaucoup impressionnée de voir tout le monde présent. C'était émouvant. Au moment de monter sur scène, j'avais très peur parce que je sentais que c'était important. C'était la même chose quand j'ai joué pour la Marche contre les violences faites aux femmes à l'automne dernier. J'ai chanté "Mon démon" et ça résonnait énormément avec le sens de la manifestation. Il y avait un monde fou, avec plein de gens différents et tous unis. Des moments comme ça, c'est très fort.

Tu te rappelles de ta toute première Marche des Fiertés ?

En étant souvent à Quimper, je n'ai pas vraiment pu en faire. Au final, celle de Paris l'an dernier était ma première. C'était la première fois que j'étais au milieu de ce bain de foule.

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Tu fais partie de la programmation de la Pride digitale lancée par TÊTU ce samedi 27 juin. Qu'est-ce qui t'a poussé à accepter ?

J'aime beaucoup le Rosa Bonheur, le line-up était trop bien... Il y avait trop de bonnes raisons de le faire. Il n'y a pas de vraie fête pour la Marche des Fiertés cette année, donc c'est quand même cool de participer à quelque chose de symbolique pour l'occasion.

L'année dernière était donc ta première Marche des Fiertés. Cette année, elle a été décalée à novembre à cause du coronavirus. On t'y croisera ?

Carrément ! À fond.

Crédit photo : Goledzinowski


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