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Darmanin à l’Intérieur, Dupond-Moretti à la Justice… Ces nominations qui ne passent pas

La nomination de Gérald Darmanin, qui s'était positionné contre les droits LGBT+ et accusé de viol, est perçue comme une claque contre la communauté LGBT+ et contre les femmes. Et il n'est pas le seul ministre à être problématique.

L'ancien secrétaire d'État aux Comptes publics a été promu ministre de l'Intérieur, lundi 6 juillet, et cette nomination fait grincer des dents pour plusieurs raisons. Des internautes ont déterré des prises de position homophobes du maire de Tourcoing. Notamment en 2012, lors du vote du Mariage pour tous, considéré comme une "néfaste réforme de société". À propos du mariage et de l'adoption, Gérald Darmanin s'interroge "faut-il tout accepter sous prétexte que 'la société évolue' ?". BrankZ lui répond aujourd'hui : "Juste : oui. Pour quelle autre raison une personne refuserait cela ? On appelle ça du bon sens."

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Anti-mariage

Dans un tweet de 2013 et effacé depuis, l'élu annonce que "si je suis Maire de Tourcoing, je ne célébrerai pas personnellement de mariages entre deux hommes et deux femmes". En 2014, récidive au micro de Jean-Jacques Bourdin. Alors porte-parole de Nicolas Sarkozy dans la campagne pour la présidence de l'UMP, il avance que "la loi Taubira sera abrogée, réécrite profondément". Plus tard, il avait qualifié Christiane Taubira de "tract ambulant pour le FN" en raison de sa politique pénale. Par ailleurs, au début de sa carrière, il a été assistant parlementaire de Christian Vanneste, qui a assimilé la déportation des homos pendant la seconde guerre mondiale à une légende.

Face à ce CV, une réponse de Christiane Taubira donnée à BFMTV en 2015 est réapparue sur la toile, dans laquelle elle tacle violemment le nouveau ministre de l'Intérieur. "Lorsqu'une personne est incapable de comprendre la société française, son histoire, sa composition, sa force et sa vitalité... Lorsqu'une personne est incapable de principes qui sont fondamentaux et ont construit la nation française... Lorsqu'une personne est inculte à ce point, pauvre, indigente moralement, politiquement, culturellement... Lorsqu'une personne est à ce point indifférente aux dégâts considérables qu'il peut produire par ses paroles, des déchets même de la pensée humaine... je n'en n'attends rien", déclare-t-elle.

Un ministre de l'Intérieur accusé de viol

Gwen Fauchois, ancienne vice-présidente d'Act Up-Paris, considère qu'avec "un ministre homophobe et visé par une enquête pour viol, on voit très bien quel ordre on veut maintenir". Le nouveau ministre est en effet accusé de viol, de harcèlement sexuel et d'abus de confiance. D'ailleurs, la cour d'appel de Paris a ordonné le 11 juin dernier, la reprise des investigations qui le concerne.

 

La plaignante, Sophie Patterson-Spatz, l'accuse de l'avoir violé. Elle s'était adressée auprès de lui en 2009, alors qu'il s'occupait des affaires juridiques de l'UMP (devenu Les Républicains). Il lui aurait fait miroiter son appui auprès de la Garde des sceaux en échange de faveurs sexuelles. Une habitante de Tourcoing (dont il fut maire) a aussi porté plainte pour abus de faiblesse. L'élu lui aurait demandé des faveurs sexuelles en échange d'un logement.

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Dupond-Moretti, sulfureux pénaliste

Éric Dupond-Moretti, avocat pénaliste est quand à lui devenu Garde des sceaux. L'homme est connu pour ses frasques contre les magistrats, son ton tonitruant et son habileté à défendre les "indéfendables". Il a notamment été l'avocat d'Abdelkader Merah, le frère du terroriste qui a attaqué Toulouse en 2012. Ou encore la défense de Georges Tron, accusé de viols par deux anciennes collaboratrices de sa ville de Dreveil. Il s'est également opposé au mouvement #MeToo et qualifie les militantes de ce mouvement de "follasses qui racontent des conneries". Selon lui, si une femme demande à un producteur de l'engager et qu'il lui propose de coucher avec, "ce n'est pas un viol, c'est une promotion canapé". Pour les féministes difficile de croire donc que le gouvernement compte vraiment continuer le travail amorcé contre les violences sexuelles. Pas étonnant que la militante féministe Caroline de Haas "sent moyen la Grande cause du quinquennat" contre les violences sexuelles.

Alors que lors de la passation de pouvoir entre Marlène Schiappa et sa successeure, Elisabeth Moreno, aucune n'a fait mention des questions LGBT+, difficile de croire que la lutte contre les discriminations LGBTphobes, et le soutien aux personnes queers les plus précarisées soit une priorité. Comme alliés, il ne faudra peut être compter que sur Roselyne Bachelot, ardente défenseuse du Pacs, devenue ministre de la Culture, et sur Gabriel Attal, nouveau porte-parole du gouvernement et ouvertement homosexuel. Bien que sur ces questions, il soit toujours resté discret...

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Crédit photo : Wikimédia Commons / Jacques Paquier


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