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Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Clément Beaune, parle de son homosexualité dans le nouveau numéro de TÊTU

Dans une interview à TÊTU, ce mercredi en kiosques, le secrétaire d'État aux Affaires européennes évoque son orientation sexuelle. Désormais ouvertement gay, il parle d'une "responsabilité supplémentaire" pour lutter contre l'homophobie d'État en Pologne et en Hongrie. Mais refuse que son combat soit résumé à son orientation sexuelle.

"Aujourd'hui cela paraît banal de le dire, mais ce n'est pas une évidence". Dans une interview accordée à TÊTU, le secrétaire d'État aux Affaires européenne Clément Beaune dit que son homosexualité "n'est pas un obstacle" pour être ministre. Et souhaite lutter contre l'homophobie d'État en Pologne et en Hongrie.

"Dire aujourd'hui mon orientation, ce n'est pas de l'indécence"

"Les coups, la violence, le rejet, ça existe en 2020. Dire aujourd'hui mon orientation sexuelle, ce n'est pas de l'indécence ou de la mise en scène de l'intimité", déclare le ministre à l'occasion des 25 ans de TÊTU. En à peine trois mois au ministère, Clément Beaune a su imprimer sa marque au sein du gouvernement. "En tant que secrétaire d'État aux Affaires européennes, j'ai une responsabilité supplémentaire. Je dois me battre pour diffuser la tolérance", dit-il.

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À peine nommé, Clément Beaune a dénoncé sur France Inter les zones "sans LGBT" en Pologne, après des mois de silence de Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères. À TÊTU, en kiosques ce mercredi, il annonce son intention de se rendre dans une de ces zones début 2021. "J'irai soutenir une des associations qui défendent le droit à l'avortement", ajoute-t-il. "Je viens d'une famille dans laquelle des personnes ont été déportées parce que juives, il y a seulement deux générations. Cela fait écho en moi. Pour autant, je n'aimerais pas qu'on dise que je me démène contre les zones 'sans LGBT' parce que je suis gay. Ce serait insultant de dire que je mène ce combat pour moi-même", dit-il.

70% des Polonais LGBT+ ont des pensées suicidaires

En Pologne et en Hongrie, la situation des personnes LGBT+ est plus difficile chaque jour. Les gouvernements au pouvoir ont mis en place une politique ouvertement LGBTphobe. Les militants LGBT+ interpellent les institutions européennes, afin qu'elles les protègent. Margot, une militante non-binaire, devenue un symbole en Pologne annonçait que "nos recherches montrent que 70% des Polonais LGBT+ ont des pensées suicidaires" avant d'adresser un SOS. "Quand nous avons intégré l'Union, nous avons signé les traités et donné notre accord au respect des droits humains, de l'égalité, de la liberté, de l'État de droit. Ces valeurs ne sont pas respectées par la Pologne aujourd'hui. L'une des réponses doit être financière : c'est l'un des outils les plus efficaces", déclarait à TÊTU l'eurodéputé ouvertement gay Robert Biedrón.

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Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne a dénoncé des zones "sans humanité". Les États négocient, en ce moment même, le plan de relance économique pour se remettre de l'épidémie de coronavirus. La France soutient un mécanisme de conditionnalité des subventions au respect de l'État de droit. Mais la Pologne et la Hongrie menacent d'aposer leur veto. "J'aimerais parfois qu'on passe plus vite à l'action", souffle le secrétaire d'État.

 

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Crédit photo : Samuel Kirszenbaum pour TÊTU


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