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L’Ilga dévoile la carte des pays les plus LGBTphobes de la planète

L'Ilga a mis à jour son rapport sur l'homophobie d'État. L'association internationale des personnes LGBTI fait un état des lieux des lois punitives sur la planète. 69 des 193 pays du monde criminalisent encore l'homosexualité.

"En temps d'incertitudes, il y a du progrès", c'est le constat rassurant en cette fin d'année de l'ILGA-monde. 69 États sur 193 pays membres de l'ONU continuent de criminaliser les relations entre les personnes de même sexe. En revanche, 48 pays imposent des sanctions pénales contre la haine liée à l'orientation sexuelle, selon l'actualisation du dernier rapport de l'Association internationale des personnes LGBTI. 81 États disposent par exemple de lois pour lutter contre les discriminations au travail.

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Le nombre d'États qui pénalisent l'homosexualité "a baissé d'un point cette année, car le Gabon a fait marche arrière par rapport à la disposition criminalisante qu'il avait adoptée en 2019 - devenue la loi de ce type dont la durée de vie a été la plus courte de l'histoire", remarque Lucas Ramón Mendos, coordinateur de la recherche à ILGA World et principal auteur du rapport annuel, paru ce mardi. Au total, 36% des États membre de l'ONU criminalisent les rapports entre personnes de même sexe.

Crédit photo : ILGA-World

34 pays appliquent des lois LGBTphobes

Selon le rapport, 34 États ont appliqué ces lois LGBTphobes au cours des cinq dernières années. Ce nombre est malheureusement certainement sous-estimé. "Partout où ces dispositions existent, les personnes peuvent être dénoncées et arrêtées à tout moment. Même si elles sont simplement soupçonnées d'avoir des relations sexuelles avec une personne du même sexe. Les tribunaux les poursuivent activement et les condamnent à la prison, à la flagellation publique, voire à la mort", poursuit Lucas Ramón Mendos.

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La peine de mort est appliquée dans six pays (Brunei, Iran, Mauritanie, Nigeria, Arabie Saoudite et Yémen) et dans cinq autres, elle est applicable mais n'est pas prononcée (Afghanistan, Pakistan, Qatar, Somalie et les Émirats Arabes Unis).

"Dans de nombreux endroits où les lois étaient déjà une cause d'inégalité, les choses n'ont fait qu'empirer", dénonce Julia Ehrt, la directrice des programmes d'ILGA-World. Elle regrette notamment la prolifération des zones "sans LGBT" en Pologne, et une politique ouvertement LGBTphobe en Hongrie. L'Indonésie encourage les pseudo "thérapies" de conversion, pourtant condamnées unanimement à l'international. "Pour nos communautés, les espaces sûrs se sont considérablement réduits du jour au lendemain, à cause de la pandémie de Covid-19. Certains gouvernements ont profité de ces circonstances et ont intensifié leurs efforts pour nous opprimer", regrette Julia Ehrt.

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Des tortures toujours appliquées

En Égypte, Sarah Hegazy était persécutée pour avoir brandi un drapeau arc-en-ciel au milieu de la foule d'un concert. Après avoir été torturée en prison, elle s'est exilée au Canada où elle s'est donné la mort cet été. En Tchétchénie, un dissident a été torturé et une vidéo de son viol a été diffusée, après avoir émis des critiques contre le dictateur Kadyrov. En Arabie saoudite, un jeune yéménite a été placé en détention pour avoir défendu les personnes LGBT+. Selon Amnesty International, il aurait subi un examen anal pour "prouver son homosexualité". En Turquie, des étudiants et leur professeurs, risquent la prison pour avoir organisé une marche des Fiertés pacifique au sein de l'université.

Mais, contre toute attente il y a également de bonnes nouvelles. Cette semaine, les parlementaires du Bhoutan ont voté (au moment de la publication du rapport) à une large majorité la dépénalisation de l'homosexualité. En juillet 2020, le Soudan a abrogé la peine de mort pour les rapports consentants entre personnes du même sexe. L'Allemagne est le quatrième pays à avoir interdit les "thérapies" de conversion. L'Australie, le Canada, le Mexique et les États-Unis ont engagé un processus pour faire de même. En France, une proposition de loi devrait être débattue, sans que le calendrier législatif ne soit arrêté.

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Le Costa Rica est devenu le premier pays d'Amérique centrale à avoir autorisé le Mariage pour tous. Désormais, 28 pays autorisent le mariage pour tous et 34 prévoient des formes de reconnaissance des unions de même sexe. Au total, 81 États de l'ONU ont dans leur arsenal législatif des lois pour lutter contre la discrimination au travail liée à l'orientation sexuelle, contre 15 pays il y a 20 ans.

 

Le rapport complet, pays par pays, est disponible via ce lien.

 

Crédit photo : Jasmin Sessler / Unsplash


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