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Joe Biden promet de faire des droits des personnes LGBTQI+ une priorité diplomatique

Lors de son premier discours de politique étrangère, le nouveau président des États-Unis a assuré vouloir "promouvoir les droits humains des personnes LGBTQI à travers le monde". Contrairement à son prédécesseur, il veut en faire un axe fort de sa diplomatie.

Pour son premier discours sur la politique étrangère, le président des États-Unis Joe Biden a annoncé vouloir "promouvoir les droits humains des personnes LGBTQI à travers le monde". Le successeur de Donald Trump a demandé aux agences américaines installées à l'étranger de lui présenter dans les 180 jours un plan d'action pour faire des droits LGBTQI+ un axe fort de leurs interventions.

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"Tous les êtres humains doivent être traités avec respect et dignité. Ils doivent pouvoir vivre sans avoir peur, peu importe qui ils sont et qui ils aiment", écrit-il dans un memorandum présidentiel. Après avoir annoncé une hausse importante du nombre de réfugiés accueillis les prochaines années, Joe Biden promet de "protéger les demandeurs d'asile LGBTQI+".

Un émissaire spécial sur les questions LGBTQI+

Un haut responsable du département d'État indique qu'un émissaire spécial va bientôt être nommé pour "renforcer encore l'attention sur ces questions". Le porte-parole du département d'État (ouvertement gay) a critiqué la politique LGBTphobe en Turquie. Recep Tayyipp Erdogan a en effet violemment attaqué la jeunesse LGBTQI+.

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"Le memorandum présidentiel réengage les États-Unis dans une politique étrangère qui protège et encourage les droits des personnes LGBT+ à l'étranger", a dit le président de Human Rights Campaign, Alphonso David. "Autour du monde, de nombreuses personnes LGBTQI+ sont discriminées, persécutées, violentées, simplement pour être qui ils sont ou aimer qui ils aiment".

Une nouvelle priorité

"Que le président Biden publie ce memorandum présidentiel très complet aussi tôt en début de mandat, cela montre clairement qu'il s'agit d'une priorité politique pour lui", félicite Jessica Stern, de l'association OutRight Action International. Elle espère que les États-Unis augmentent les financements des associations LGBTQI+. Mais pour obtenir des résultats sur le terrain, les États-Unis devront également se montrer parfois discrets.

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"Une des manières les plus efficaces et constantes pour discréditer les personnes LGBTQI et notre mouvement, c'est de les accuser d'être des produits des occidentaux et d'une forme de colonisation, en pointant le financement par des donateurs étrangers", met en garde la militante.

Un faux-pas sous Obama

Pendant le mandat de Barack Obama, les États-Unis ont sanctionné l'Ouganda et la Gambie après des lois punissant l'homosexualité de peines de prison. Mais ces sanctions ont poussé d'autres pays, notamment le Nigéria, à adopter des lois LGBTphobes. "Notre maître-mot, c'est toujours d'écouter les militants sur le terrain et de travailler avec eux sur ces sujets pour avoir leur avis sur comment avancer", pointe le département d'État. Il promet une approche individualisée.

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Cette diplomatie en faveur des droits humains tranche avec celle défendue par Donald Trump. Pendant son audition par le Sénat pour être confirmé à son poste, Mike Pompeo a tenu des propos ambigus. Les parlementaires lui ont demandé s'il pensait qu'être homosexuel était une "perversion". À cette question, Mike Pompeo n'a pas répondu clairement oui ou non.

"L'administration de Trump a constamment sapé les droits des personnes LGBTQI+"

Le chef de la diplomatie refusait d'octroyer un visa aux compagnons des diplomates étrangers homos, à moins qu'ils se marient. Il a également refusé aux ambassades américaines d'arborer le drapeau arc-en-ciel lors des Fiertés... sauf en Russie. Le drapeau avait été hissé à Moscou lors du mois des Fiertés, provoquant quelques remous diplomatiques.

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"L'administration de Trump a constamment sapé les droits des personnes LGBTQI+ que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. La campagne pro-Trump sur la décriminalisation de l'homosexualité a été utilisée pour masquer ce fait", note  Graeme Reid, directeur du programme des droits LGBT+ de Human Rights Watch.

 

Crédit photo : Gage Skidmore / Flickr


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