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L’assemblée adopte une loi sport qui déçoit les associations LGBTQI+

Plusieurs amendements à la loi Sport ont été refusés. Ils auraient pourtant permis de mieux lutter contre les discriminations LGBTphobes. Les associations LGBTQI+ demandent à être reçues par la ministre des Sports.

Ce 19 mars, l'Assemblée nationale a adopté la première lecture une proposition de loi pour démocratiser le sport en France. Mais les associations LGBTQI+ dénoncent une occasion manquée de légiférer sur les LGBTphobies et les discriminations courantes dans le sport.

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Un "manque flagrant d'ambition du gouvernement qui s'est pourtant engagé pour une pratique sportive inclusive et respectueuse des personnes LGBTI" dénonce l'Inter-LGBT dans un communiqué. "La quasi-totalité des amendements orientant le texte (contre les discriminations) ont été rejetés ou jugés irrecevables", regrette l'Inter.

22% des personnes LGBTI victimes de LGBTphobies dans les clubs

La fédération d'associations rappelle qu'entre 19 et 22% des personnes LGBTI ont été victimes d'actes LGBTphobes de la part d'un membre d'un club sportif, selon un sondage IFOP de 2018. Pour la cinquième année consécutive, SOS homophobie fait état d'une augmentation des témoignages LGBTphobes. Dans son rapport annuel, l'association pointe les discriminations des personnes trans, intersexes et hyperandrogynes exclues des compétitions.

"Les discriminations à l’égard de la communauté LGBTI n’ont pas forcément lieu sur le terrain. C’est plutôt en amont des rencontres. Les personnes LGBTI subissent des remarques discriminatoires, de type : 'On va jouer contre les tapettes !' ou 'On va jouer contre les goudous !'. C’est très difficile à vivre lorsque l’on entend de tels propos. Nous travaillons aussi avec les groupes de supporters. Nous avons commencé à les sensibiliser sur certaines insultes homophobes que l'on peut entendre dans les stades", pointe Eric Arassus, président de la Fédération sportive gay et lesbienne (FSGL) auprès de Franceinfo.

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Des mesures qui manquent

Pendant l'examen de cette loi, le député de la majorité ouvertement gay, Raphaël Gérard a proposé la mise en place de "référents discriminations" au sein des fédérations sportives, des stages de sensibilisation pour les joueurs et certains supporters, mais aussi la possibilité de sanctionner des spectateurs LGBTphobes. Ces dispositions, proposées avec la FSGL, n'ont pas été retenues dans la première lecture.

Malgré cela, le député salue la publication d'un rapport annuel sur l'accès à tous au sport. Le député a assuré que la France est désormais "une nation pionnière dans l'inclusion des personnes trans dans le domaine du sport, en chargeant les conférences régionales du sport d'établit une doctrine permettant de mieux prendre en compte leurs besoins spécifiques".

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"Nous regrettons une opportunité manquée. Nous attendions que la centaine d’associations sportives LGBTI françaises soit enfin écoutée et considérée", regrette l'Inter-LGBT, qui demande à être reçue par la ministre des Sports. Six mois après la présentation d'un plan pluriannuel contre les LGBTphobies, "nous attendions que le mouvement sportif dans son ensemble soutienne davantage les préconisations contre les discriminations LGBTIphobes, telles qu’inscrites au Plan national de lutte contre les haines anti-LGBTI", insiste l'Inter.

 

Crédit photo : Wikimedia Commons


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