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Homophobie : la mort d’un jeune gay brûlé vif en Lettonie ravive les inquiétudes en Europe

La mort de Normunds Kindzulis, jeune homme de 29 ans, brûlé vif la semaine dernière en Lettonie, rappelle la persistance d'une homophobie forte dans une partie de l'Europe de l'Est.

En Lettonie la question de l'homophobie, endémique dans ce pays balte, refait surface après la mort par le feu d'un jeune homme gay. Les associations LGBTQI+ dénoncent un crime homophobe tandis que la police n'exclut pas encore un suicide.

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Normunds Kindzulis, un soignant âgé de 29 ans, est mort mercredi 28 avril le corps brûlé à 85%, rapporte l'AFP. Il avait récemment reçu des menaces à caractère homophobe qui l'avaient poussé à déménager dans une petite ville à 70 kilomètres de Riga, la capitale, dont il était originaire. Mais cela n'a pas suffi puisqu'à Tukums, où il avait élu domicile, il a également été la cible d'actes homophobes.

"Un meurtre homophobe"

La police criminelle n'exclut pas l'hypothèse d'un suicide, soulignant néanmoins qu'"amener quelqu'un au bord du suicide est également un crime". Une hypothèse qui a suscité de véhémentes protestations en Lettonie et ailleurs en Europe. Dans un premier temps, alors que la jeune homme se trouvait entre la vie et la mort, la police locale a en effet refusé d'ouvrir une enquête, expliquant qu'il n'y avait pas de "preuves" qu'un crime ait été commis. Mais son décès l'a obligé à ouvrir une enquête criminelle, tandis qu'une autre enquête a été ouverte sur l'inaction présumée de la police.

"Nos plus sincères condoléances à la famille, aux amis et aux collègues Normund ! Soyons compatissants !", a réagi l'association LGBTQI+ locale Mozaika sur Facebook. Mais les militants européens doutent sérieusement de l'hypothèse d'une immolation volontaire par le feu. "Normunds Kindzulis, 29 ans, a été victime d’un meurtre homophobe en Lettonie. Brûlé vif il y a quelques jours, il vient de succomber à ses blessures. L’Inter-LGBT présente ses plus sincères condoléances à son compagnon, sa famille et ses ami·e·s", a ainsi déclaré l'interassociative française. Au niveau européen, le Conseil de l'Europe "profondément triste", a également évoqué un "crime de haine". Le président letton, Egils Levits, a quant à lui déclaré qu'il n'y avait "pas de place pour la haine en Lettonie".

Homophobie : la Lettonie juste devant la Pologne

La Lettonie, membre de l'Union européenne, est très mal classée dans le classement de l'ONG Ilga-Europe sur les droits des personnes LGBTQI+ en Europe. Le pays se trouve ainsi à la 41ème place du classement sur 49 pays d'Europe et d'Asie centrale. Soit juste devant la Pologne qui inquiète de plus en plus, tant le pays se montre en pleine régression sur ce plan. En Lettonie, l'association Mozaika recense quatre crimes de haine en 2020, concernant tous des homme gay. Trois de ces attaques ont été rapportées à la police qui n'a ouvert d'enquête que dans deux des cas.

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L'Ilga rappelle de son côté que le 13 juillet dernier, un parlementaire, ancien ministre de la Justice, avait retweeté un post appelant au développement de zones "sans LGBT" en Lettonie. En 2006, l'Etat balte avait amendé sa constitution pour y inscrire l'interdiction de marier des couples de même sexe. Malgré tout, des progrès existent : "Mozaika a commencé une étude sur la qualité de vie des personnes LGBTQI+ cette année. Des résultats préliminaires montrent que le climat s'est amélioré sur les sujets LGBTQI+", indique l'Ilga.  Le parlement a notamment lancé des consultations pour faire évoluer la reconnaissance des couples qui vivent ensemble. Mais la procédure traîne : les premières initiatives pour légaliser un partenariat civique datent de... 1997.

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Crédit photo : Instagram/@kindzulis.normunds


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