LGBTphobieZouaves Paris : dissolution du groupuscule qui appelait à la violence contre TÊTU

Par tetu le 06/01/2022
Les Zouaves Paris posant en marge du meeting d'Eric Zemmour à Villepinte, 5 décembre 2021

Les Zouaves Paris, dont le ministère de l'Intérieur a annoncé ce mercredi la dissolution, avaient, parmi les multiples agissements violents qui leur sont reprochés, diffusé en décembre une vidéo montrant la destruction d'une affiche de TÊTU accompagnant un appel homophobe à la violence.

La litanie des méfaits reprochés au groupuscule fait quatre pages… Dans un décret paru au Journal officiel ce jeudi 6 janvier, le ministère de l'Intérieur a annoncé la dissolution du collectif "les Zouaves Paris", que les services de Gérald Darmanin définissent comme "un groupement de fait ultranationaliste violent, rassemblant une vingtaine de membres", apparu en 2017.

Les Zouaves Paris alimentent "un discours de haine généralisé"

S'ensuit donc une liste des "nombreux et récurrents agissements violents" de ses membres, dont TÊTU a récemment fait partie des cibles, comme le relève le décret : "Le 4 décembre 2021 les Zouaves Paris ont publié la vidéo d'un individu qui détruit un panneau publicitaire sur la voie publique, avec pour description : « Voilà la Une du magasine LGBT « Têtu » montrant le travesti F en Sainte Vierge. Camarades, vous savez ce qu'il vous reste à faire. »". À la suite de cette séquence que nous avions dénoncée sur Twitter, la rédaction avait reçu de nombreux soutiens dont celui des associations STOP homophobie et Mousse qui avaient annoncé porter plainte pour "discrimination homophobe à l’encontre de TÊTU" et "incitation à la haine et à la violence en raison de l’orientation sexuelle". De son côté, la rédaction avait également saisi ses avocats de l'affaire.

Le ministère de l'Intérieur considère donc, relève encore le décret diffusé sur Twitter par Gérald Darmanin, que "les Zouaves Paris valorisent par leurs publications les comportements violents à l'encontre des homosexuels et transsexuels [sic, en 2022 on dit "personnes transgenres"] et invitent les 'camarades' à s'en prendre physiquement à ces personnes en raison de leur orientation sexuelle". De manière générale, poursuit le document, "par ses propos et ses publications, le groupement de fait les Zouaves Paris alimente un discours de haine généralisé et assumé, incitant à la discrimination ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine, de leur religion ou de leur orientation sexuelle".

Au-delà de la haine professée des personnes LGBTQI+, les membres de ce groupuscule se targuent d'actions violentes ciblant "des individus qui ne partagent pas leur idéologie", en particulier les antifas. Leurs deux derniers faits d'armes les plus visibles : "En juin 2020, des membres des Zouaves Paris, dont le dirigeant du groupement et un de ses adjoints, armés de battes de base-ball et de bombes lacrymogènes, ont saccagé l'intérieur du bar le Saint-Sauveur, bastion de la mouvance antifasciste parisienne, et gazé les clients ainsi qu'une dizaine de militants antifascistes", action également revendiquée sur Telegram. Enfin, plus récemment, "le 5 décembre 2021, des membres des Zouaves Parisont pris part aux violences commises à l'encontre de militants de l'association SOS-racisme présents au meeting d'Éric Zemmour à Villepinte", en marge duquel ils avaient fièrement posé pour une photo de groupe (cf. photo d'illustration).

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Références au Ku Klux Klan et à Goebbels

L'ensemble de l'oeuvre du groupuscule, fait valoir enfin le ministère, sert la propagation d'"un discours ouvertement raciste, ses publications allant même jusqu'à défendre le concept de supériorité des 'blancs' en faisant régulièrement référence aux thèses défendues par le Ku Klux Klan [et] diffusent régulièrement des images reprenant les symboles de l'idéologie nazie et de nature antisémite, certaines publications allant même jusqu'à rendre hommage à des dignitaires du Reich".

Si la dissolution du groupement est évidemment une bonne nouvelle, la fin du décret nous rappelle néanmoins que cette mesure n'est malheureusement pas une garantie qu'il ne prenne pas une autre forme. Car "le groupement est né du rassemblement d'anciens membres du Groupe Union Défense (GUD), du Bastion Social et de Génération identitaire, ces deux derniers groupements ayant fait l'objet d'une dissolution administrative"… Sur Telegram, ses soutiens ont d'ailleurs aussitôt réagi en ces termes : "Vous pouvez dissoudre une structure, vous ne pourrez jamais entamer nos convictions". Quelques posts plus haut, une vidéo d'un discours de Goebbels.

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Crédit photo : via Telegram, Les Zouaves Paris posant en marge du meeting d'Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre 2021