santéVIH : la PrEP injectable à 40 dollars pour 120 pays à faible revenu en 2027

Par Nicolas Scheffer le 24/09/2025
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L'ONG Unitaid et la fondation Gates ont annoncé deux accords parallèles visant à permettre l'accès, dans 120 pays à revenus faibles et intermédiaires, au traitement préventif révolutionnaire contre l'infection au VIH.

La révolution de la PrEP injectable se concrétise. Un générique du lénacapavir, traitement préventif qui protège de l'infection au VIH, va pouvoir être distribué dans 120 pays à revenus faibles et intermédiaires au prix de 40 dollars (34 euros), ont annoncé ce mercredi 24 septembre l'ONG Unitaid et la fondation Gates. Ce progrès immense repose sur la protection en une injection deux fois par an, à la place de l'actuelle prophylaxie pré-exposition (PrEP) par cachet oral quotidien ; un tournant notamment dans les pays où l'accès journalier à un traitement est difficile.

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Unitaid – épaulé par la Clinton Health Access Initiative ainsi que l’institut de recherche Wits RHI – et la fondation Gates ont conclu deux accords parallèles, négociés très rapidement, avec des laboratoires indiens pour que ces derniers puissent produire ces génériques. Actuellement la molécule, développée par le laboratoire américain Gilead, est commercialisée aux États-Unis depuis le mois de juin au prix astronomique de 28.128 dollars par an, sous le nom de Yeztugo.

"C'est une percée révolutionnaire et essentielle pour élargir la prévention contre le VIH. Avec ce produit, nous pouvons mettre fin au virus, c'est à notre portée", a déclaré Carmen Perez Casas, responsable stratégique pour le VIH chez Unitaid, dans un entretien à l'Agence France-Presse (AFP). Le traitement sera dans un premier temps fabriqué en Inde, par le laboratoire Dr Reddy's, avant que sa production puisse être régionalisée. "Cela démontre que les outils les plus avancés peuvent être rendus abordables dès le départ", estime Philippe Duneton, directeur exécutif d’Unitaid, cité par Le Monde.

"Fermer le robinet" des infections au VIH

En parallèle, la fondation Gates a annoncé un partenariat similaire avec un autre groupe pharmaceutique indien, Hetero. "Ce qui est essentiel avec le lénacapavir, c’est qu’il permet en quelque sorte de fermer le robinet dès maintenant, afin que le problème auquel nous devrons faire face dans cinq à dix ans ne se soit pas aggravé de manière spectaculaire", fait valoir dans le quotidien Trevor Mundel, président de la santé mondiale à la Fondation Gates. Un autre accord doit être signé entre le Fonds mondial et Gilead afin d'acheminer le traitement aux pays concernés, avec le soutien des États-Unis.

Si la PrEP orale a démontré son efficacité, les difficultés d'approvisionnement et d'accès régulier au soin empêchent dans des pays vulnérables de couvrir efficacement la population qui en a besoin. L’injection semestrielle de lénacapavir permet de remédier à cette difficulté avec une réduction du risque de transmission de près de 100%. L'accord d'Unitaid aligne le prix du traitement injectable sur celui de la PrEP orale, "condition essentielle pour l’adoption dans les pays à revenus faibles et intermédiaires", souligne l'organisation. Les données d'Onusida montrent qu'en 2024, il y a eu 1,3 million de nouvelles infections (-40% depuis 2010), dont la moitié dans les pays du continent africain.

La molécule a également obtenu le feu vert des autorités de santé européennes. Cependant, avant qu'elle puisse être distribuée, chaque pays de l'Union doit encore négocier son prix avec le fabricant. Une étape fastidieuse qui peut prendre, en France, de 12 à 18 mois. Raison pour laquelle il n'est pas encore possible de demander la PrEP injectable à son médecin.

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Illustration : Romain Lamy pour têtu·

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