[Portrait à retrouver dans le magazine de têtu· de l'automne, ou sur abonnement.] Égérie trans, mannequin, actrice, photographe… Raya Martigny est de celles qui poursuivent leurs rêves en inspirant ceux des autres.
Depuis son enfance à La Réunion, Raya Martigny a toujours baigné dans la mode, du magasin de confection de ses parents aux moodboards qu’elle décortiquait sur Tumblr, en passant par le papier glacé. "Les magazines m’aidaient à me projeter ailleurs, à me dire que d’autres choses existaient", se souvient-elle, citant par exemple la campagne publicitaire de Givenchy qui avait mis en scène, à l’automne 2010, la modèle trans Lea T et le mannequin et acteur Willy Cartier. Ces clichés l’interrogent sur sa propre identité de genre : "Je m’identifiais à l’un et en l’autre, comme s’ils représentaient le moi d’alors et le moi de plus tard." Le vrai déclic vient l’année suivante, lors d’un défilé de Jean Paul Gaultier qui se clôt par le passage de la modèle trans Andreja Pejic dans la robe de mariée de la maison. Raya a 17 ans, et déclare à sa mère : "Maman, je crois que je suis comme elle."
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Déterminée à prendre son destin en main, elle rejoint Paris, son CAP de coiffure en poche. Depuis un salon proche de la station de métro Réaumur-Sébastopol, la jeune femme commence sa prise d’hormones et continue de rêver en grand. Portée par sa bonne étoile, elle participe à une première séance photo qui la fait poser avec… Willy Cartier. Mais Raya est vite rattrapée par les carcans genrés des agences, qui la jugent trop féminine pour le prêt-à-porter homme et trop masculine pour la femme. Au culot, elle tente sa chance à un casting chez Jean Paul Gaultier. Recalée, alors que des mannequins aguerries font la queue sur le trottoir, elle repart en se jurant qu’elle prendra sa revanche. Quelques années plus tard, la roue tourne en effet, et c’est la maison Gaultier qui la contacte pour lui proposer un casting. En 2020, elle devient l’une des égéries de la marque : "C’était une chance que Jean-Paul me donnait, il m’a vraiment choisie avec le cœur." Mugler la sollicitera ensuite pour incarner Angel, le parfum le plus vendu au monde.
Un franc-parler sans colère
Mais la transphobie rôde toujours, plus ou moins insidieuse. Un jour, sur un shooting, elle surprend ces mots d’un chef déco au téléphone : "C’est bien fait, mais ce n’est pas une femme, c’est un homme.” Elle décide de ne plus se taire, tout en y mettant les formes. Un franc-parler sans colère qui devient sa marque de fabrique : aujourd’hui, des maisons de couture la sollicitent comme consultante sur les questions de transidentités. "À travers mon travail, j’ai la chance de créer de nouveaux espaces, se félicite-t-elle. Mon art est politique car mon existence est politique, malgré moi." Après son défilé à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, elle a été confrontée, comme ses camarades, à une vague de cyberharcèlement.
Mais elle préfère garder en mémoire les témoignages de personnes trans émues qui se sont appuyées sur son passage à la télé pour faire leur coming-out. Un travail de représentation qu’elle poursuit sous sa casquette de photographe. À travers son exposition Kwir nou exist, présentée à Paris, à La Réunion et, jusqu'au 26 octobre, au Sillon (Dieulefit), elle raconte les histoires de personnalités LGBT réunionnaises qu’elle aurait aimé lire plus jeune.
Cette volonté de partager par la joie l’amène devant la caméra de son amie Alexis Langlois. Avec ses copines “folles du bus”, elle campe des rôles kitsch et loufoques dans De la terreur, mes sœurs ! (2019) puis dans Les Reines du drame (2024). Cette année, Raya est devenue l’égérie d’une autre marque : les accessoires de coiffure GHD, dont les affiches se retrouvent dans les salons de ses anciennes collègues coiffeuses. Comme ces dernières, elle aime boucler ses boucles.
@ghdfrance ✨ Nouveau lisseur ghd chronos max ✨ Avec ses plaques 85% plus larges et sa technologie HD motion-responsive, le ghd chronos max offre un coiffage 3X plus rapide et un résultat haute définition en un seul passage, qui dure 24 heures. Pour incarner cette nouvelle ère, Raya Martigny rejoint la famille ghd. Mannequin, actrice et militante, elle redéfinit les standards de beauté et d’expression de soi – une égérie inspirante, à l’image de la puissance du ghd chronos max. #hairtok #hair #hairstyle #beauty #beautytok #tutorial ♬ original sound - ghdfrance