Il est recommandé aux jeunes de se faire vacciner contre le papillomavirus (HPV) quels que soient leur genre et leur orientation sexuelle. Bonne nouvelle : pour tous les jeunes de moins de 26 ans, le vaccin est désormais entièrement remboursé par l'Assurance maladie.
L'arrêté a été publié au Journal officiel du 12 décembre : le Gardasil, vaccin permettant de se protéger contre le papillomavirus (HPV), est désormais entièrement remboursé par la Sécurité sociale pour tous les jeunes de moins de 26 ans, sans distinction de genre ou d'orientation sexuelle. En mai, la Haute autorité de santé (HAS) avait émis une préconisation en ce sens, appelant à élargir la couverture de ce vaccin sûr et efficace contre une famille de virus responsable chaque année de 100.000 cas de condylomes anogénitaux, de 35.000 lésions précancéreuses ou de 6.400 cancers du col de l'utérus, de l'anus, de la bouche ou de la gorge.
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Jusqu'à présent, ce vaccin était remboursé à 65% par l'Assurance maladie pour les ados de 11 à 14 ans, filles ou garçons, avec la possibilité d'un rattrapage (remboursé) jusqu'à 19 ans pour tout le monde, et jusqu'à 26 ans pour les hommes ayant une sexualité gay (HSH). Les mutuelles prenaient à leur charge le complément de remboursement du vaccin.
Campagne de vaccination
Cet élargissement du remboursement s'inscrit dans une volonté d'augmenter la couverture vaccinale chez les jeunes, le vaccin étant plus efficace s'il est administré avant l'exposition au papillomavirus, c'est-à-dire avant les premiers rapports sexuels. Depuis trois ans, une campagne de vaccination est ainsi proposée aux élèves de 5ᵉ dans de nombreux collèges, ce qui a permis une augmentation de 20 points de la couverture vaccinale, selon les données de Santé publique France.
Près de 80 % des personnes sexuellement actives sont en contact avec un virus HPV et, dans l'immense majorité des cas (90 %), l'infection au virus est transitoire et éliminée par le système immunitaire, en moins de deux ans. Mais chez 5 à 10 % des personnes en contact avec le virus, une persistance de l'infection conduit à des anomalies cellulaires responsables de condylomes ou de lésions précancéreuses, selon les données rapportées par la HAS.
Sans être définitives, des données de méta-analyses permettent de penser que l'immunité naturelle acquise pourrait baisser dans le temps et ne pas protéger d'une réinfection. C'est pourquoi certains médecins – pas tous – recommandent de se faire vacciner même après 26 ans. Un choix personnel qui dépend de plusieurs facteurs, notamment du parcours de vie et des finances (les trois injections coûtent environ 350 euros, et ne sont pas remboursées après 26 ans). Une chose est certaine : le dépistage régulier des cancers liés aux HPV chez le proctologue, le gynécologue ou le dermatologue, est chaudement recommandé tout au long de la vie.
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Crédit photo : Stephan Puchner / dpa via AFP